Poser les bases de Ta féminité et de Ta maternité

Une femme peut-elle être en colère?

« Oui, tu peux l’être!! » Voilà ce que j’aurais aimé entendre dès ma naissance. J’aurais aimé qu’on m’accompagne à vivre, à traverser et à dépasser cette émotion puissante qui fait même peur à celles (et ceux!) qui la vivent. Peut-être plus « celles », car l’éducation à refouler sa colère est très tenace dans notre société occidentale.

Illustration d'une femme en colère

La colère, une émotion qui va mieux aux hommes?

« Harpie », « hystérique », « colérique », « hargneuse », « mal baisée », « elle a ses règles », « furie »… autant de qualificatifs qui sont jugeant et rabaissantes envers les femmes, quand celles-ci expriment et sortent cette émotion.

« Quand une femme est en colère, l’on va considérer que c’est elle le problème, alors que quand un homme se met en colère, on se dit qu’il réagit légitimement à un problème extérieur.

Mais pourquoi dit-on cela des femmes? Petites, nous sommes sous l’influence des remarques, des jugements, des remontrances qui nous font bien comprendre que ce n’est pas possible d’extérioriser notre frustration, notre mécontentement, nos refus. A force des « t’es pas jolie quand tu te met en colère », « va te cacher, tu n’es pas belle », « oooh qu’elle est vilaine, elle fait sa crise ». Personnellement, j’ai même eu droit à la douche froide sur la tête pour me calmer… Et cela ne s’arrange pas quand on grandit. Les représentations stéréotypées de ce que doivent dire ou faire, ou comment réagir tel ou tel sexe sont nombreuses, et nous enferme dans un carcan.

Je n’ai pas fait d’étude sociologique sur le sujet, mais les petits garçons ne sont pas en reste. Cependant il est admis et même souhaitable pour affirmer sa virilité, qu’un homme hausse le ton, pousse une « guelante », fasse preuve « d’autorité! Cela montre sa force, sa position sociale (pouvoir..les femmes en sont écarté), son charisme et cela impose le respect.

Force, respect, positionnement… Ces mots résonnent fort pour moi. Et je peux te dire qu’aujourd’hui je souhaite m’en emparer en tant que Femme, mais surtout en tant qu’Etre humaine. Non pas dans l’esprit de « tout défoncer », d’avoir le pouvoir sur, ou d’écraser ce qui ne me plait pas. Mais bien pour dire ma légitimité de ne pas être d’accord, pour valider mes besoins et pour les faire entendre.

Le processus de la colère est physiologique et humain.

La colère n’est ni plus une émotion d’homme que de femme. C’est un processus physiologique. Comme toutes les émotions. Elle a de particulier qu’elle dégage une forte énergie. Qu’on cris ou pas, l’on sent assez facilement l’énergie d’une personne en colère quand on est à côté d’elle.

La colère est un NON à ce qui est. Nécessaire pour changer, évoluer, transformer, répondre à nos besoins. Elle est une belle énergie qui nous poussent, nous fait bouger. C’est pour défendre ce qui t’est précieux, pour faire entendre tes valeurs, tes besoins qui ne sont pas respectés dans une situation que tu vis. Ne pas l’écouter, elle reviendra plus fort.

Et c’est souvent qu’elle se transforme alors en une énergie destructrice de nous-même ou des autres, de ce qui nous entoure. 

Déraciner notre croyance, pour être pleinement qui tu es!

Ce n’est ni un caprice, ni une lubie, ni de la folie… C’est un message.

Et tu es la première personne à pouvoir écouter et transformer ce message. Dans mes recherches google, j’ai vu ces question:

« Comment parler à une femme énervé? » « Comment faire calmer une femme en colère? »

Une émotion ne se calme pas, elle se vit. C’est bel et bien un processus. Qui a des signes avant coureurs. Qui, s’ils sont écoutés et qu’on y répond, devrait faire en sorte que tu n’arrives pas jusqu’au moment où tu sors de tes gonds. Puisque c’est un « Non » à ce qui est, tu pourra remarquer que des pensées peuvent t’assaillir lorsque l’émotion commence à monter: « Il-elle ne devrait pas… », « cela ne devrait pas être ainsi », « il-elle a osé dire cela », « C’est injuste que cela se passe comme ça… ». Il se passe énormément de choses dans le corps également. Bien avant d’exploser…

Une volonté très forte de modifier ce qui est à l’extérieur (ou aussi à l’intérieur de soi, parfois!) se met en route. Un besoin d’être entendu aussi!! Donc non, on oublie l’option: « parler à une personne en colère », ce n’est pas une bonne idée, puisque justement elle a envie d’être écouté.

Et si tu en arrive jusqu’à sortir une bonne colère ce n’est pas honteux, loin de là! Ce qui est dommageable c’est de la diriger vers les autres ou de se faire mal. Donc oui la colère à des conséquences parfois quand elle n’est pas entendue. Et oui, apprendre à l’apprivoiser, l’accueillir, la transformer est une belle étape vers un mieux être et une harmonie avec celles et ceux que tu aimes.

Enfin, pour vivre sa colère sans honte, ni culpabilité, il nous faut, nous Etres Humains, des espaces où l’ont se sent en sécurité. Tels les bras rassurant et contenant d’un parent quand on était enfant… Mais les avons nous eu, pour nous en souvenir?


Nous verrons cela dans un prochain article. Et en attendant, je serais ravis de lire tes témoignages, tes ressentis sur ton vécu de la colère.

Et pour contribuer à effacer l’image de toi, d’une personne moche, folle ou mauvaise, quand tu te mets en colère, je finirais sur cette anecdote: une amie qui aime les oiseaux et qui pratique la fauconnerie, m’a dit que la Harpie Féroce était un très bel oiseau. 😉

Prends soin de toi et de tes besoins.

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