Un fossé qui nous sépare…

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Je travaillais à temps plein dans une maison de haute couture. Je me définissais alors comme « couturière ». j’avais un rôle parmi mes pairs. A cette annonce, mes interlocuteurs ayant posé la question : « Tu fais quoi toi dans la vie ? », avaient un haussement de sourcils : surpris ? Admiratifs ?

Je nourrissais mon besoin d’appartenance.

J’ai démissionné, car mes besoins de respect de moi, de mes rythmes, de cohérence avec mes valeurs, de co-création, de partage, de souveraineté, d’actualisation de mes potentiels, d’évolution et d’apprentissage, d’inspiration, d’expression, de paix et d’harmonie… n’étaient pas nourris. La balance était quelque peu déséquilibré me direz vous, enfin, peut-être ?…

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Aujourd’hui, j’ai choisi de nourrir tous ces besoins, petit à petit en cherchant, en tous cas en m’accordant du temps pour chercher des stratégies qui pourraient répondre à ces besoins. Je passe donc 70 % de mon temps chez moi, dans les environs. Je sors de chez moi quand j’en ai l’élan et l’enthousiasme. Je travail à ce que mes actions soient de plus en plus conscientes.

. « Hein quoi ? …tu fais quoi, j’ai pas bien compris ? »Concrètement je fais…

. des petits essais de culture dans notre jardin de 50 m². Je cuisine, prépare, transforme, la plupart des aliments que nous mangeons et que j’achète bruts. Quand je trouve un peu de temps je me fais un vêtement, car je me suis mise au défi sous forme de jeux de ne plus acheter de vêtements issus de l’industrie, et de mettre mes compétences de couturière à mon service directement, et au service de ma famille et de la protection de la nature : je remplace progressivement les mouchoirs en papiers, le papier toilette…par des lingettes et mouchoirs tissus lavable. J’apprends le bricolage, transformation de palettes en jardinières, repeindre un portail, fabriquer des étagères…

Besoins de cohérence avec mes valeurs/de souveraineté/d’actualisation de mes compétences/d’expression/de connexion avec le vivant…

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J’apprends à vivre avec un enfant, je m’inspire de cet être connecté bien plus que moi à ses besoins. J’apprends à écouter mes besoins, à repérer mes rythmes. J’apprends à écouter mes voies intérieures en colère, en rage car conditionnées et frustrées de voir que cet enfant est libre et affranchi de ces conditionnements !!! Je me régale de voir, de mesurer, d’observer chaque jour que cet enfant se nourrit de la vie, fait ses apprentissages sans qu’il y ait le moins possible de coercition.

… « Hein quoi ? Tu fais quoi ? »

Ce que je fais c’est que…

.je passe du temps avec mon fils, environ 80 % de mon temps. Il a 4 ans et demi et n’est pas inscrit à l’école (petite précision car la majorité et plus, des enfants vont à l’école…) Il passe ses journées à jouer, à s’enthousiasmer sur les volcans, les tornades, les engins de chantiers, les voitures, les livres et les histoires qu’ils contiennent, les films et les histoires qu’ils racontent, les gens qu’il rencontre, les rêves qu’il fait. Il dessine des hommes sous la pluie, des tornades, des oranges…Il commence à écrire et commence à manifester de l’intérêt pour l’écrit. Il fabrique des pancartes pour dire aux tornades qu’elles ne peuvent venir chez nous. Nous allons à la médiathèque au moins une fois toutes les deux semaines. Nous rencontrons des familles qui ne scolarisent pas non plus leurs enfants. Nous allons au parc, nous ramassons des framboises dans notre jardin, nous faisons des gâteaux quand nous vient l’envie d’en manger. Je répond à ces questions, j’emprunte des livres, je montre des gestes, je propose des activités…je ne m’attends à rien ou presque…Et quand je m’attend à quelque chose je lui hurle dessus, avec toute la confusion que cela m’apporte ensuite. Je répare donc en lui avouant mes erreurs, mes limites. Et nous cherchons ensemble des solutions, nous dansons…

… « Ah tu fais l’école à la maison !!! »

Et bien non, depuis que j’ai lu certains auteurs de livre, que j’ai vu certains films et documentaires et que j’ai entendu certains témoignages, une certaine conscience m’est apparue, car ces lectures ont touchées mon enfant intérieur, blessé et conditionné par l’école et le manque de liberté et d’autonomie.

J’ai donc décidé de troquer mes anciennes croyances sur l’éducation, l’aliénation et j’ai décidé de retirer le pouvoir que j’exerçais sur cet être qui n’est pas moi et qui possède déjà toutes les compétences et les potentialités pour s’intégrer dans ce monde. Cela demande du lâcher prise, que je n’ai pas toujours, de la patience, que je n’ai pas toujours, de la tolérance…envers moi même surtout et envers lui et envers mon compagnon de route.

Besoins de contribuer au bien être et à l’épanouissement de l’autre, besoin de connexion et de partage, d’authenticité et d’exercer mon libre arbitre…

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Est ce que mon besoin d’appartenance est nourrit aujourd’hui ? … ben non…

Car la plupart des gens que je rencontre ne connaissent pas cette vie, l’ignore ou la rejette. Peut être ont ils peur, peut être ont ils des croyances autres auxquelles ils tiennent pour garantir leur bien être. Et ils ont toutes les « bonnes » raisons du monde de croire en ce qu’ils croient et de faire ce qu’ils font…

Car quand je sors de chez moi, que nous allons dans des lieux publics, des jardins, ces lieux sont vides ou peu occupés…

Car quand je dis ce que je fais, on réduit toutes ces activités à des étiquettes : femme au foyer, école à la maison…

Et surtout je me sens triste de mesurer combien notre société a morcelé, séparé les individus : les nourrissons et bébés seuls avec leurs mamans (parfois papas) dans leurs maisons, les jeunes enfants dans les crèches ou chez les assistantes maternelles, les enfants rangés par tranche d’âges dans des classes, les adultes actifs dans des schémas sociétales : célibataires, sans enfants, jeunes couples, jeunes parents, les retraités dans les maisons…de retraites.

Que tous ces êtres ne sont plus en lien, mise à parts certaines actions réalisées en conscience, que je salue et qui me touchent.

Que choisir d’être au côté des enfants a pour conséquence de diminuer les stratégies qui nous font sentir appartenir à nos pairs… Il existe un fossé entre le monde des enfants et le monde des adultes.

Alors je reste avec mon besoin non nourrit et je chéri l’idée et l’aspiration qu’un jour je trouverai ma solution pour le combler !

Portez vous bien.

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Le plus URGENT: l’empathie…

 

J’aimerai vous partager une de mes plus douloureuses expériences, dans mon cheminement vers la bienveillance : Le manque d’empathie envers moi-même.

J’observe sur les réseaux sociaux, en surfant sur internet, en lisant des magasines spécialisés dans la parentalité positive et bienveillante, en lisant les livres de pédagogues, de pédiatres, d’accompagnants à la parentalité, que de plus en plus de personnes ont l’élan de partager la conscience que nos actions sur les enfants, et ceci depuis des temps anciens, ne permettent pas de répondre à leurs besoins. La conscience également que nous n’avions pas suffisamment de compétences pour traduire et comprendre le jeune enfant, pour communiquer avec lui et répondre aux mieux à ces besoins.

J’observe que des personnes en ce monde donnent de l’énergie et du temps pour partager des façons de faire, d’être, et des façons de communiquer qui répondent mieux aux besoins des enfants et qui servent la relation parent/enfant, ou professionnel/enfant.

La préparation à la naissance, l’accouchement physiologique, le portage physiologique, la motricité libre, l’allaitement long, le co-dodo… Pour ne citer que ces pratiques.

L’accueil des émotions de l’enfant, la coopération, l’éducation sans récompenses ni punitions, le respect de l’enfant, l’écoute active…

J’observe aussi que ces personnes ont un rêve, au combien merveilleux ! LE REVE QUE TOUS LES ENFANTS PUISSENT VIVRE UNE ENFANCE HEUREUSE.

Ce rêve est motivé par une aspiration encore plus profonde : CELLE DE VOIR UN JOUR NOTRE MONDE DEVENIR MEILLEUR, grâce à toute une génération d’enfants heureux.

Car nous le savons aussi maintenant par la science (sciences affectives, cognitives, neurosciences…) L’être humain porte en lui les fondements de l’empathie, de l’altruisme, de la générosité, de la bienveillance. Et tout ceci s’épanouit s’il a lui-même été le plus souvent possible, dans ces plus jeunes années, exposé à tout ça et qu’il a vu en l’adulte un modèle. Nous sommes des êtres sociaux, capable d’empathie les uns envers les autres, nous avons un « pré-câblage » pour cela, mais comme toutes choses : cela s’apprend ! Et notre manière la plus efficace pour apprendre c’est de voir et d’expérimenter. Cette vidéo de Céline Alvarez sur la plasticité cérébrale nous l’explique merveilleusement bien. Alors bien sûre nous apprenons partout et à tout âge, et nous sommes capable de résilience. Donc rien n’est perdu, fort heureusement.

Mais il est un constat aussi très amère, c’est que nous voyons bien que notre manière de fonctionner en générale, en ce qui concerne les relations humaines, professionnelles, familiales, diplomatiques, l’écologie, est source de violence. Que tôt ou tard, il sera peut-être trop tard. Que nous n’avons plus beaucoup le choix. Sans être forcément alarmiste, nous nous rendons bien compte que si nous voulons obtenir d’autres résultats que la violence dans tous ces domaines (enfance, écologie, relations mondiales,…) nous devons faire autrement. C’est une prise de conscience.

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Il y a donc urgence ?!…

Dans mon expérience, ayant la volonté de répondre au mieux aux besoins de mon enfant (et je ne doute à aucun instant que c’est aussi le cas de TOUS les parents du monde), j’ai lu, cherché, accumulé du savoir car je ne savais rien de comment on s’occupe au quotidien d’un enfant. Fort heureusement, je me suis dirigé progressivement et malgré des débuts chaotiques et des dérapages encore aujourd’hui vers des pratiques douces et bienveillantes.

Et j’observe qu’une part de moi est entrée dans une exigence à la bienveillance. Une part HAUTEMENT bienveillante. Cette part à bien retenue la leçon. Elle connaît tout bien part cœur…ou presque. Elle a mesuré l’urgence à la bienveillance. Et elle agit en moi en mode violent pour imposer, exiger la bienveillance. Voilà ce qu’elle me dit :

« Tu n’as pas eu d’accouchement physiologique !! quoi, comment ! Voilà pourquoi ton fils pleur la nuit ! C’est d’une extrême violence ce qu’il a du vivre…Tu n’as pas porté ton fils dans un porte bébé physiologique… !! Quoi, comment, tu aurais dû. Tu as fait du co-dodo jusqu’à ses un an ! Ah ça, c’est digne d’une mère bienveillante, je te félicite. Tu n’as pas réussi à allaiter plus de quatre mois…Non mais sans blague. Tu cris encore sur ton enfant quand tu es à bout…Mais tu n’as pas honte ! Il est en stress quand tu fais ça, tu le vois pourtant !! » etc…

Et puis il y a la part qui fait ce quelle peut. La part qui tente au milieu de tout ça de continuer d’exister. Elle aspire à la tranquillité d’antan (c’est-à-dire avant enfant…), à son autonomie, à vivre sereinement sa condition limité :

« J’en peux plus de cet enfant qui geint. Je voudrais le jeter par la fenêtre. Mais va-t-il me foutre la paix !!! C’est pas possible, je comprend rien à ce qu’il veut, il est jamais content. En plus je me met en quatre pour le satisfaire et ça va toujours pas !!! Je voudrais juste dormir. Je voudrais juste sortir me faire un ciné, le film que j’ai vu sur l’affiche en passant…hum, la baby sitter est pas dispo ?! Me…de…on peut pas le laisser dormir seul et se barrer ?! C’est quoi ce plan de Me….de !  J’en ai marre, je veux fumer, boire comme je veux et plus allaiter, c’est trop dur…soupir ».

Bon bref, tout ce petit monde en moi à un fort, mais quand je dis fort c’est FORT besoin d’empathie. Ne serait-ce que pour une chose déjà: VIVRE LA DETENTE. Sans parler du rêve auquel bien sûre j’aspire moi aussi, que l’humanité puisse un jour vivre des jours meilleurs et que mon enfant vive heureux et libre.

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Lâcher un instant le but. Le but de faire de la bienveillance pour rendre le monde meilleur ou mon enfant heureux. Car ce but n’a rien de détendant pour moi, petite maman faisant de jour en jour l’expérience de la parentalité. C’est plutôt même crispant et au final violent, quand je m’aperçois que je suis aussi limité, que la part « non évoluée » qui n’a pas forcément lu, compris et assimilé les leçons à la bienveillance et qui désire vivre une chose, sa « limititude » est toujours là…soupir…et sera toujours là ! Et que la rejeter n’engendrerai que la violence.

Et ce que j’observe aussi, c’est que ce que je lis sur internet, les blogs, les magasines, les livres sont écrits en langage conditionné, en mode violent : « Il doit être, je conseille, il serait fort souhaitable, il est essentiel… » bien qu’ils parlent de non violence. Cela demande un travail de traduction en mode non violent, avec l’aide de la communication non violente. Et donc du temps!

ET soyons réalistes : combien de parents sont initiés à la communication non violente. Combien de parents vont lire tous ces conseils, ces pratiques bienveillantes sans culpabiliser de ceci ou cela. Car la réalité c’est qu’au quotidien, limité et conditionné que nous sommes nous aurions besoin d’une heure d’empathie, 2 minutes de conseil, pour 10 minutes d’interaction positive avec notre enfant. Et la réalité bien souvent c’est que nous n’avons pas ça. Et pourtant il ne s’agit pas d’une option, l’empathie envers nous même, dans la bienveillance avec l’autre.

Donc peut-être qu’il y a urgence ! Mais ne pas se tromper d’urgence. Il y a urgence à se tourner vers nous même, pour prendre soin de nous même.

Avant d’écouter les conseils, de lire un article, de s’informer et d’éduquer les petits parents que nous sommes (ce qui est essentiel aussi) : donnons nous de l’empathie pour grandir, donnons nous l’espace pour faire des erreurs, ouvrons nous les bras pour accueillir notre « limititude ».

Travaillons la terre avant de semer les graines et de penser à la récolte. Il est aussi une réalité qui est dure à accueillir : la récolte, il est fort possible que nous n’en soyons pas témoin, tant la terre est aride. Mais si nous voulons un beau fruit généreux et nutritif concentrons nos efforts sur cette terre qui vaut de l’or. PARENTS JE VOUS AIME !

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Toute ma gratitude…

La Colère. Cette colère qui explose soudainement, cette colère sous-jacente, nos muscles se tendent, notre ventre se noue, notre coeur se ferme…

Quand mon fils a eu 21 mois environ, il a commencé à exprimer son mécontentement, ses frustrations, ses peurs, ses incompréhensions en nous tapant. Cette expression corporelle, gestuelle, commune aux tous petits qui n’ont pas d’autres moyens, a durée un an et demi environ…

Quand il me tapait j’ai ressenti d’abord de la colère et j’étais pleine de ressentiment. « Il n’a pas le droit de me taper, mais pourquoi il fait ça, il ne devrait pas!!! » Je m’attachais au pourquoi, je voulais comprendre, raisonner. J’ai passé une bonne période où je refusais cet acte, ce qui m’empêchais d’écouter le message caché derrière le geste et de me relier avec ce qui était précieux pour mon fils, ce qui était vivant et le précieux qu’il m’offrait en communiquant de la sorte avec moi.

J’ai lu que si un enfant exprime sa colère avec ses parents c’est qu’il se sent suffisamment en sécurité avec eux (la figure d’attachement qui peut aussi être une personne autre que les parents) pour lâcher toutes ces émotions qu’il serait potentiellement dangereux d’exprimer avec une personne avec qui il n’y a pas cet attachement, ce sentiment de sécurité. (Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen en parlent très bien).

Oh combien ce que j’ai pu lire sur les besoins de l’enfant et les comportements qui expriment ces besoins, a pu m’aider pour me connecter à ce que vivait mon petit d’homme.

Et je remercie Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen, Maria Montessori…et tant d’autres que j’ai pu lire et qui m’ont soutenus dans mon besoin de comprendre l’enfant.

Et sur cette colère qui me traversait et que je croyais à l’époque que mon fils en était la cause, j’ai découvert un soir de recherche sur le net où j’étais en quête de réponses, cette vidéo: La colère, d’Isabelle Padovani. Cette vidéo m’a donné une clef pour ouvrir mon coeur et vivre la détente à laquelle j’aspirais au fond. Ah enfin un début de piste qui me faisait voir ma colère autrement, non plus comme une chose horrible à réprimer, à contrôler, ou comme un droit d’expression à imposer sous toutes ses formes (cris, violence physique…) à l’autre. Mais comme un indicateur de ce qui se passe à l’intérieur de moi. Et tant que je n’irai pas accueillir ce qui se passe en moi, comment développer des compétences pour écouter l’autre? Par expérience je vois qu’il m’est souvent impossible de prendre soin de l’autre quand je n’ai pas pris le temps de prendre soin de moi.

De cette vidéo j’ai tiré le fil. Isabelle Padovani propose sur sa chaîne Youtube des centaines de vidéos (je ne passe pas un jour presque où je ne regarde pas une vidéo) qui sont des supports tellement précieux pour moi pour me soutenir dans l’apprentissage de l’interdépendance, de l’empathie, de l’auto-empathie, de l’amour de soi… Elle partage avec sincérité, joie, ouverture de coeur et clarté. Elle propose aussi des rencontres: les rencontres au coeur du vivant.

Toute ma gratitude à Isabelle Padovani pour cet élan de partage qui m’apporte détente, douceur et qui nourrit mon besoin de compréhension.

La clef si précieuse pour moi qui m’ouvre les portes de mon coeur est la pratique de la communication non violente que j’ai découverte en visionnant les vidéos d’Isabelle Padovani car elle partage largement sur cette pratique. C’est un outil qui me permet de ne plus subir ma propre violence interne induite par un langage duel et un conditionnement issu de l’expérience vécue dans mon enfance, et ne plus subir ou faire subir la violence aux autres. Cet outil me permet, en cet instant et dès que je décide de l’utiliser ou dès que ma conscience et mes moyens me permettent de l’utiliser, de vivre dans le monde dans lequel j’aspire, sans violence, et de ne plus attendre, exiger ou agir sur l’autre pour vivre ce que j’aspire à vivre. Je reprend ma responsabilité et je redonne sa responsabilité à l’autre.

Je voulais ici même partager ma gratitude pour cet homme, Marshall Rosenberg et tous ceux qui incarnent cette non violence et m’inspirent, ceux qui ont croisé mon chemin: Isabelle Padovani, Véronique Gaspard (formatrice en communication non violente), Sandrine Donzel, Karine Ducrot (accompagnante et personne ressource formée à la communication non violente), Thomas d’Ansembourg

J’aimerai vous parler aussi d’un homme Jacques Salomé. J’ai été touché par ces mots qui m’ont donné une clef importante dans ma relation à l’autre. Dans son livre: Papa, maman écoutez moi vraiment.  Une phrase inspirée de ce livre et que j’ai utilisé quand mon fils me tapait « Je vois que tu es en colère, tellement en colère que tu n’hésites pas à me le dire en me tapant. » Cette phrase a remplacé « c’est interdit de taper, ça fait mal, on ne le fait pas! ». Quand j’ai eu les moyens de remplacer cette phrase j’ai senti que c’était plus doux pour mon fils. Qu’il se sentait écouté. Et les tapes ont diminué. Elles n’ont pas disparu et j’ai accueilli la part de moi qui voudrait tant qu’il existe des mots magiques qui agissent sur l’autre pour lui faire cesser un comportement. Mais mon expérience est que ces mots que l’ont peut qualifier de « magique » (jugements, interprétations, impressions, exigences, menaces, punitions, récompenses…) car il font cesser un comportement a court ou moyen terme chez l’autre ont des conséquences à long terme: la culpabilité, le désamour de soi, la vulnérabilité, la colère intérieur…Et ce n’est pas mon rêve que mon fils vive ça car je n’ai pas moi même de joie à le vivre. Toute ma gratitude à cet homme.

 

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En ces temps de canicule…à la recherche de la fraîcheur et de la détente…

Aujourd’hui j’ai eu l’occasion d’avoir plus de clarté sur ce qui était vivant en moi, grâce à une situation vécue avec mon fils…

…Je vous raconte:

Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés tôt!…Enfin à une heure où nous n’avons pas l’habitude de nous lever. J’ai donc décidé que nous ferions une promenade dès que nous aurions terminé le petit déjeuner. J’aspirais à de la détente. Afin de tenter d’éviter les hurlements dans le coussin (salvateurs pour l’enfant stimulateur mais pas forcément des plus agréable à vivre) ou les hurlements directement et indirectement sur le stimulus (stimulus=enfant),  et les mouvements brusques, les phrases jugeantes (signes d’un stress près à exploser en pleine face), bref vivre la détente pour nous deux!

 

Nous sommes enfin partis (je vous passe les détails du comment…). J’avais un objectif qui me paraissait idéale pour que moi je me détende. Mais mon petit d’homme, vivant son instant présent à fond, s’arrête et me dit:
 » Je veux rentrer à la maison regarder les dessins animés. »
Et là je me dis:
« puisque tu fais de la communication non violente, essais de voir pourquoi c’est important pour lui de retourner à la maison regarder les dessins animés! Tu ne vas quand même pas l’obliger avec son désaccord de te suivre, c’est violent, allez hop au travail…Tu ne partiras que lorsque tu aura entendu un oui de sa part! »

« Il y a des parts en nous super violente quand même! 😉 Et le pire c’est qu’on les croit quand elles se nomment garantes de la non violence.Non mais pour qui elles se prennent! »

Je vais donc vers mon petit d’homme, me met à sa hauteur:
« Pourquoi c’est important pour toi de retourner à la maison?
_Parce que je veux voir les dessins animés.
_Ah oui parce que c’est agréable pour toi de regarder les dessins animés.                 _Oui, j’aime bien les dessins animés.
_Oui mais moi, je veux pas retourner à la maison. »
La suite il l’écoute pas, il commence déjà à faire demi tour. Exaspérée je le retiens par le bras!
« Je voudrais te dire moi ce que ça me fait si on retourne à la maison. Je vais être énervée, car j’avais vraiment envie de sortir pour me détendre. C’est agréable pour moi de me promener. Si on rentre, je vais sans doute crier. Est-ce que c’est agréable pour toi quand je crie?
_Non.
_Quand je crie, tu te rappel tu as peur! Et c’est pas agréable pour moi non plus, je veux pas te faire peur.
_Oui. Je veux rentrer à la maison.
Je pense: « Et merde » Je continue:
« Tu serai d’accord pour qu’on continu la promenade et ensuite on rentre à la maison et tu regarderas les dessins animés.
_Ouiii! on continu la promenade. »
« Yes! »Il s’approche du sac et commence à sortir ces jouets.
« Je peux jouer ici.
_ok, ça me va! »
A quoi répond une part de moi en interne:
« Ah mais non ça va pas…C’est pas là que tu goûteras la détente. Y’a la route juste à côté, tu voulais avoir la fraîcheur de la foret, là on en est loin…A peine deux rangées d’arbres! c’est nul je veux pas rester ici. »
Je retourne vers mon petit d’homme et je lui dit:
« En fait non ça me va pas. Tu ne veux pas qu’on aille un peu plus loin? »               _Non, j’veux jouer ici.
_Pour moi c’est pas agréable de rester ici. »
Ma part désespérée et qui commence à mesurer mon impuissance                      « Oh zut ça recommence! »

Finalement j’ai rien tenté de plus. Je me suis assise. J’ai regardé à l’intérieur de moi ce qui se disait. Je me suis rappelé que 1:
_l’enfant à cet âge est vraiment dans l’instant présent. Il goûte ce qui le traverse, l’exprime et c’est tout et n’a pas l’intention de vous faire chier. C’est juste vous qui pouvez mesurer les conséquences à moyen terme si vous dites oui ou non.
Et 2:
_Il n’aime pas et ne comprend pas les longs discours.
J’ai regardé ma frustration, et mon énervement naissant.

J’ai donc décidé de reprendre ma responsabilité. Si je n’allais pas dans ce bois, il était possible que je m’énerve encore plus. Si la tension ne se détendait pas, il était possible que mon petit d’homme essuie les plâtres. Et non, ça pas possible, car très triste pour moi dans mon coeur de faire mal à ce bout de chou. Donc j’ai décidé de continuer la promenade pour aller dans ce bois. Au risque de me confronter à un refus ou une crise. Sans d’autres commentaires je suis allée ranger les jouets de Gaël… Qui n’a pas bronché. Et nous sommes partis dans le calme. Et même joyeux! hi hi…DSC00787