IEF / ECOLE / ECOLE alternative

J’avais envie en cette fin de vacances et veille de rentrée scolaire (pour un certain nombre d’entre nous) de partager ma vision, mon expérience et mes cheminements en matière d’instruction.

Vous allez peut-être hausser les épaules en voyant ce titre et cette introduction en disant: « encore un avis de plus…, j’ai pas besoin qu’on me dise encore que mes choix sont pas bon ou de connaître les avis de tous le monde pour décider pour mes enfants… » Et vous arrêtez là.

Ou pas…

Si vous allez plus loin, j’aimerais vraiment que mon témoignage contribue à vous alléger, vous sentir légitime dans vos choix, vous ouvre des pistes, sans vous mettre la pression… Alors si ce n’est pas le cas, si une phrase ou un mot a l’effet inverse, arrêtez de lire, passez à autre chose. Votre temps et votre énergie sont trop précieux (et les miens aussi!) pour le passer à lire des choses qui ne vous correspondent pas.

J’observe que cette histoire d’instruction, d’éducation, est un sujet qui remue beaucoup, qui divise beaucoup et qui nous stimule dans nos propres choix, quand le voisin ne fait pas pareil que nous et qu’il le dit haut et fort. Mais avec quelle intention le dit-il ? N’avez vous jamais vécu le bonheur et l’excitation de partager un kiff, une expérience qui vous transcende?

Je suis heureuse aujourd’hui de prendre en main ma vie et de dire que quoique je décide, ce sont mes choix. Que c’est moi qui ai choisi. Ce n’est pas toujours confortable à vivre. Parfois je regrette certains choix, parfois les voix que j’emprunte sont difficiles, semées d’embuches et me sortent de ma zone de confort. Parfois je rate, je fais des erreurs. Parfois des parts de moi renient ces choix devant les difficultés qui se présentent. Mais j’essaie encore et toujours de faire ce dialogue intérieur pour recentrer ces choix sur moi. Pourquoi? Pour me sentir libre et consciente. Car, j’aime sentir que ces besoins de souveraineté, de libre choix, soient nourris. Cela me redonne aussi du pouvoir sur ma vie. Ne plus me dire: « Non mais de toutes façons, je n’avais pas le choix… » Et je guide mes enfants en ce sens. Qu’ils se sentent responsables eux aussi de leurs décisions.

Responsable, mais pas coupable!!

Et pour être dans l’équilibre, je travaille aussi à redonner la responsabilité des actes et paroles à ceux qui en sont à l’origine. Je n’ai pas tout pouvoir, tout contrôle. Je n’ai de pouvoir que sur ce que je dis, je fais, je ressens.

Enfin, quand mes choix et mes expériences me mènent à une erreur, une conséquence tragique ou malheureuse, je travaille l’accueil. L’accueil et le deuil de l’espoir du bien être que j’imaginais en me dirigeant vers cette voix. Et je me rappelle surtout que l’ERREUR est la CONDITION à l’apprentissage. S’il n’y a pas d’essais/ erreur, il n’y a pas d’évolution. Cela est utile de me le rappeler dans le cadre de l’instruction de mes enfants.

En partant de cette base, j’aime faire des expériences et aller vers ce qui me parait nourrir mes besoins et ceux de ma famille, dans l’instant et avec conscience de mes filtres.

C’est ainsi que nous avons choisi de faire l’expérience d’une école alternative, Ecole Montessori, pour Gaël quand il avait 2 ans et demi, pour sortir de la relation non bienveillante avec une assistante maternelle. Je me rappelle très bien que nous étions d’accord avec Luc, que ce que nous voulions pour Gaël c’était avant tout un univers et un cadre bienveillant. C’est ainsi que cette expérience nous a montré que dans ce contexte, avec ces personnes (animatrices de cette école), Gaël ne s’y épanouissait pas. Nous avons donc fait le choix d’arrêter et de nous lancer dans l’instruction en famille. (IEF)

Comme à mon habitude, j’aime m’appliquer à ne parler que de MON EXPERIENCE. A la fois parce que je veux vivre dans ce monde où je ne m’enferme pas avec des mots dans des dogmes, dans des « je dois.. » des « il faut que sinon… » des « c’est comme ça… » . Et parce que j’aime que mes partages soient perçus comme ça par ceux qui les reçoivent.

Aujourd’hui je ne dirais pas que l’IEF est un mode qui nous correspond totalement et pour autant, au vu du profil de mon fils, de sa sensibilité, et au vu de l’univers qu’offre les écoles aujourd’hui, j’ai des craintes à tenter de nouveau l’expérience de l’école. Quelle soit alternative ou publique. Le manque d’expériences concrètes, le manque de temps passé en extérieur, le manque de bienveillance, le rapport à l’évaluation extérieure, ne me donne pas la confiance de trouver un environnement adapté à mon enfant.

En IEF il manque la dimension du collectif. Un bain permanent et à disposition de l’enfant de personnes ressources aux âges divers et de compétences diverses, à la fois proches de sa zone de développement pour l’inviter à avancer plus loin dans ses compétences et ses expériences, et pour le stimuler. Et à la fois plus éloignées pour lui donner l’occasion d’être celui qui montre, celui qui partage sa connaissance, ainsi sont renforcés ses connaissances et sa confiance en lui. Et honnêtement, dans la cellule familiale, j’ai beau donner tout ce que je peux, mes limites se font sentir.

Il y a bien sûr les réseaux non-sco, d’ief, les personnes que l’on choisit de rencontrer pour répondre à ces besoins d’interdépendance, d’inspiration, de partage…Ces rencontres nous ont permis de nous ouvrir sur les autres, sur des partages riches et d’enrichir grandement les apprentissages. Car c’est quand même de ça qu’il s’agit.

Concrètement nous avons vu beaucoup de monde et cotôyé des familles dans la richesse de leurs diversités. Ce qui a aussi permis de remplir notre besoin de socialisation. Sujet assez récurrent quand on parle de scolarité. Aussi, nous avons découvert des lieux divers. Le pendant négatif est le temps et l’énergie des déplacements qui sont conséquents.

Et en même temps, j’ai ressenti un manque de cadre dans ces rencontres. Une co-création de cadre qui selon moi nous aurait permis d’aller plus loin dans nos partages, dans la sécurité et la bienveillance. Dans la cohésion aussi. Un manque de conscience de nos besoins respectifs en tant qu’individus, tant les adultes et les enfants. Et un manque d’authenticité dans les partages. Parfois il m’a semblé que nous (je m’inclue totalement dans l’histoire!!!) aurions pu à y gagner à poser des mots sur ce qui se passait réellement. Développer la verbalisation émotionnelle des adultes surtout, pour donner le ton et l’exemple parmi les groupes d’enfants. Poser des cadres communs, en discuter, confronter nos différences à ce niveau. Sans peur de perdre une liberté, que nous tous qui nous engageons dans l’ief, sommes venus chercher. Parler et mettre à jour nos divergences en matière d’instruction. Car il en a beaucoup parmi les non sco et c’est tant mieux!! Chacun expérimente ce qui lui parle. Mais il m’a semblé que trop souvent ces divergences nourrissaient, une fois de plus l’amertume, les ruptures de lien. Alors que j’aime vivre le lien et la bienveillance, surtout quand il semble que tout nous oppose à une autre personne. Apprendre à dire avec authenticité à l’autre ce qui ne nous convient pas, en prenant la responsabilité de nos émotions, de nos croyances, de notre point de vue, et aimer découvrir la différence chez l’autre.

Ce que nous permet l’ief est de respecter nos rythmes, biologiques. De renforcer la bienveillance, la co-création et la cohésion familiale. L’écoute de chacun. Parfois je précise, cela dérape et les relations sont tendues. Mais le temps disponible pour en prendre conscience et changer de cap est un atout précieux en ief. Respecter les centres d’intérêt d’apprentissage des enfants. Leur apporter des supports sur mesure, en fonction de leur appétence, cela permet des apprentissages plus fluides, et rapides. Même si pour moi cela demande du travail de recherche, de la remise en question, et développer une curiosité, avoir intérêt pour ça.

Pour ça il faut aussi prendre du temps et accepter de donner beaucoup de SON temps à nos enfants. J’ai vu que cette question divise, remue et stimule beaucoup les parents. Tout choix est acceptable. Juste être conscient de nos capacités et de nos limites. Ce que je n’ai pas toujours su faire!! Parfois des aménagements créatifs selon les familles pourraient vous/nous étonner. Echangeons!!

Je suis si triste que ces choix nous amènent encore à des jugements que l’on se permet de renvoyer à l’autre comme: des mauvais parents si l’on décide de mettre son enfant à l’école en passant moins de temps avec eux. Ou des parents possessif ou trop protecteurs si l’on décide de faire l’ief, car on passe trop de temps avec eux.

Je vous invite grandement à FAIRE DES EXPERIENCES PAR VOUS MÊME ou accueillir vos jugements pour vous même et les laisser provisoirement de côté quand vous rencontrez des personnes faisant des expériences différentes. Vous pourriez y découvrir des pépites que vous n’aviez pas osé voir… Tant dans le choix de scolariser que celui d’instruire soi même ses enfants.

Pour finir cet article, et si vous n’étiez pas encore au courant pour faire un CHOIX éclairé du mode d’instruction que vous allez choisir pour votre enfant, sachez qu’en France c’est L’INSTRUCTION qui est OBLIGATOIRE et non L’ECOLE.

Sur ce, bonne rentrée ou non rentrée à tous!! Et n’hésitez pas à commenter et partager cet article si cela à contribué pour vous.

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