Iza, Doula Postnatale

Mommy brain*

*cerveau de maman

J’aime beaucoup cette expression. Elle résonne d’une façon agréable et douce pour moi. Lors de ma formation de Doula postnatale, Camille notre formatrice, nous a demandé comment nous percevions cette expression? Et toutes celles qui décrivent l’état dans lequel le chamboulement du cerveau met la jeune maman: cerveau de bébé, cerveau de grossesse ou encore accoucher de son cerveau.

Oublis de courses, de mots dans une phrase, perte d’objets, difficulté à rassembler ses idées, impatience devant une tâche ou dans une relation… Toi si ça t’es arrivé, tu sais certainement de quoi je parle ;-).

Ce qui régis toutes ces capacités qui en tant qu’adulte nous donnent les compétences dont nous avons besoin pour fonctionner au quotidien, ce sont les compétences exécutives. Mémoire de travail, flexibilité cognitive, contrôle inhibiteur. Ces compétences s’acquièrent dans la période in utéro et jusqu’aux 5 ans environs de l’enfant. Grâce à ce qu’on appel la Plasticité cérébrale.

« Pour construire son intelligence, l’être humain qui vient de naître commence par fixer dans les fibres de son cerveau, les informations qu’il perçoit du monde extérieur. Chaque image, chaque interaction, aussi quotidienne soit elle, laisse comme une trace de mémoire de l’expérience vécue, en connectant des neurones.

Ces connexions de neurones, s’appellent des synapses.

Elles commencent à se former dans le ventre de la mère, puis augmentent de façon extremmement rapide dès la naissance. 700 à 1000 nouvelles connexions par seconde se créent pendant les 5 premières années de la vie. »

Céline Alvarez, extrait de la vidéo La plasticité cérébrale.

Retrouves la vidéo ici. (Je ne me lasse pas de mettre le lien vers cette vidéo!! Partager ce qui fait sens et a tellement contribué pour moi est l’un de mes plus grand kiffe).

L’incroyable magie de la nature et de la vie fait que la mère à l’immense chance de bénéficier du même processus (en moins puissant certainement) quand elle tombe enceinte et dans la durée du post-partum.

Le cerveau de la mère se restructure, et revit une période de plasticité cérébrale.

Pourtant, cette faculté dans la société et nos moeurs est plutôt vu comme un handicap, une tare. La femme enceinte et la jeune maman en post-partum aura l’impression de régresser. Car en effet, son cerveau se restructurant, elle aura des pertes cognitives comme la capacité de mémoriser, capacité d’attention, de raisonnement…

Mais au lieu de voir cela comme une perte, nous pouvons aussi voir que le cerveau fait de la place pour renforcer ou faire apparaître de nouvelles compétences: l’empathie, l’hyper vigilance, la compassion, la sensibilité, et une meilleur capacité à déceler le non verbale chez les autres.

L’Etre humain a tous les programmes en lui pour s’ajuster aux besoins des siens et de son environnement. La mère ne devient pas moins intelligente, mais elle se spécialise pour répondre au mieux à son bébé. Et tout comme le jeune enfant, l’élagage synaptique (la perte de certaines connexions et neurones) n’est pas une perte, mais un remodelage pour plus d’efficacité.

Revenons à l’enfant:

« Après cette période de création de milliard de connexions neuronnales, le cerveau commence à faire le ménage. Car vous l’aurez remarqué, grandir c’est perdre 2/3 de ses possibilités et devenir expert du tiers le plus utilisé.

Donc pas d’inquiétude, l’Etre humain en grandissant ne devient pas moins intelligent. Il devient spécialiste. Spécialiste de la langue, de la culture, des comportements qu’il a régulièrement perçu et reproduit. En effet, après avoir réalisé de nombreuses connexions, les connexions les plus souvent utilisées vont se renforcer. A l’inverse, les connexions les moins utilisées vont progressivement s’affaiblir et être éliminés. On appel cela, l’élagage synaptique. »

Céline Alvarez, extrait de la vidéo: La plasticité cérébrale.

Pour aller plus loin, j’aimerais soulever un point important: le cerveau de l’enfant ne retient pas les connexions des meilleurs expériences, mais les connexions des expériences les plus fréquentes. Nous avons donc une grande responsabilité en tant qu’adultes entourants les enfants. Nos habitudes, nos choix et notre façon d’interagir vont impacter durablement et fortement le jeune enfant.

Je pousse donc le parallèle avec la maman un peu plus loin. Etant dans une période de plasticité elle aussi, elle se retrouverait selon moi dans cette grande opportunité de développement optimal ou une grande vulnérabilité.

Et autant que les adultes entourants les enfants sont responsables du devenir de la structuration du cerveau de l’enfant, l’environnement de la jeune mère peut lui aussi la rendre vulnérable: stress, trauma d’accouchement, manque de soin, manque de soutien, manque d’étayage avec des connaissances utiles et pertinentes, manque de relais pour tout ce dont elle a besoin et ce qu’elle faisait avant… Et peut-être abîmer la structure de son cerveau naissant?

Le cerveau de la jeune mère se nourrit de ce que lui apporte son entourage, les professionnels-elles qu’elle consulte, la douceur, la lenteur, l’amour qui est porté à son environnement.

Et ceci est un message pour toutes les personnes qui entourent les jeunes mamans. Que ce que j’avance soit vrai ou non, la mère à bel et bien besoin du meilleur de nous même. De nos attentions, de notre écoute, de notre patience, de notre retenu à faire à sa place ou savoir à sa place, de notre bienveillance, de notre douceur, de notre calme… Elle se nourrit de ça pour avancer dans sa maternité. Offrons le lui.

Iza, Doula postnatale.

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