IEF / ECOLE / ECOLE alternative

J’avais envie en cette fin de vacances et veille de rentrée scolaire (pour un certain nombre d’entre nous) de partager ma vision, mon expérience et mes cheminements en matière d’instruction.

Vous allez peut-être hausser les épaules en voyant ce titre et cette introduction en disant: « encore un avis de plus…, j’ai pas besoin qu’on me dise encore que mes choix sont pas bon ou de connaître les avis de tous le monde pour décider pour mes enfants… » Et vous arrêtez là.

Ou pas…

Si vous allez plus loin, j’aimerais vraiment que mon témoignage contribue à vous alléger, vous sentir légitime dans vos choix, vous ouvre des pistes, sans vous mettre la pression… Alors si ce n’est pas le cas, si une phrase ou un mot a l’effet inverse, arrêtez de lire, passez à autre chose. Votre temps et votre énergie sont trop précieux (et les miens aussi!) pour le passer à lire des choses qui ne vous correspondent pas.

J’observe que cette histoire d’instruction, d’éducation, est un sujet qui remue beaucoup, qui divise beaucoup et qui nous stimule dans nos propres choix, quand le voisin ne fait pas pareil que nous et qu’il le dit haut et fort. Mais avec quelle intention le dit-il ? N’avez vous jamais vécu le bonheur et l’excitation de partager un kiff, une expérience qui vous transcende?

Je suis heureuse aujourd’hui de prendre en main ma vie et de dire que quoique je décide, ce sont mes choix. Que c’est moi qui ai choisi. Ce n’est pas toujours confortable à vivre. Parfois je regrette certains choix, parfois les voix que j’emprunte sont difficiles, semées d’embuches et me sortent de ma zone de confort. Parfois je rate, je fais des erreurs. Parfois des parts de moi renient ces choix devant les difficultés qui se présentent. Mais j’essaie encore et toujours de faire ce dialogue intérieur pour recentrer ces choix sur moi. Pourquoi? Pour me sentir libre et consciente. Car, j’aime sentir que ces besoins de souveraineté, de libre choix, soient nourris. Cela me redonne aussi du pouvoir sur ma vie. Ne plus me dire: « Non mais de toutes façons, je n’avais pas le choix… » Et je guide mes enfants en ce sens. Qu’ils se sentent responsables eux aussi de leurs décisions.

Responsable, mais pas coupable!!

Et pour être dans l’équilibre, je travaille aussi à redonner la responsabilité des actes et paroles à ceux qui en sont à l’origine. Je n’ai pas tout pouvoir, tout contrôle. Je n’ai de pouvoir que sur ce que je dis, je fais, je ressens.

Enfin, quand mes choix et mes expériences me mènent à une erreur, une conséquence tragique ou malheureuse, je travaille l’accueil. L’accueil et le deuil de l’espoir du bien être que j’imaginais en me dirigeant vers cette voix. Et je me rappelle surtout que l’ERREUR est la CONDITION à l’apprentissage. S’il n’y a pas d’essais/ erreur, il n’y a pas d’évolution. Cela est utile de me le rappeler dans le cadre de l’instruction de mes enfants.

En partant de cette base, j’aime faire des expériences et aller vers ce qui me parait nourrir mes besoins et ceux de ma famille, dans l’instant et avec conscience de mes filtres.

C’est ainsi que nous avons choisi de faire l’expérience d’une école alternative, Ecole Montessori, pour Gaël quand il avait 2 ans et demi, pour sortir de la relation non bienveillante avec une assistante maternelle. Je me rappelle très bien que nous étions d’accord avec Luc, que ce que nous voulions pour Gaël c’était avant tout un univers et un cadre bienveillant. C’est ainsi que cette expérience nous a montré que dans ce contexte, avec ces personnes (animatrices de cette école), Gaël ne s’y épanouissait pas. Nous avons donc fait le choix d’arrêter et de nous lancer dans l’instruction en famille. (IEF)

Comme à mon habitude, j’aime m’appliquer à ne parler que de MON EXPERIENCE. A la fois parce que je veux vivre dans ce monde où je ne m’enferme pas avec des mots dans des dogmes, dans des « je dois.. » des « il faut que sinon… » des « c’est comme ça… » . Et parce que j’aime que mes partages soient perçus comme ça par ceux qui les reçoivent.

Aujourd’hui je ne dirais pas que l’IEF est un mode qui nous correspond totalement et pour autant, au vu du profil de mon fils, de sa sensibilité, et au vu de l’univers qu’offre les écoles aujourd’hui, j’ai des craintes à tenter de nouveau l’expérience de l’école. Quelle soit alternative ou publique. Le manque d’expériences concrètes, le manque de temps passé en extérieur, le manque de bienveillance, le rapport à l’évaluation extérieure, ne me donne pas la confiance de trouver un environnement adapté à mon enfant.

En IEF il manque la dimension du collectif. Un bain permanent et à disposition de l’enfant de personnes ressources aux âges divers et de compétences diverses, à la fois proches de sa zone de développement pour l’inviter à avancer plus loin dans ses compétences et ses expériences, et pour le stimuler. Et à la fois plus éloignées pour lui donner l’occasion d’être celui qui montre, celui qui partage sa connaissance, ainsi sont renforcés ses connaissances et sa confiance en lui. Et honnêtement, dans la cellule familiale, j’ai beau donner tout ce que je peux, mes limites se font sentir.

Il y a bien sûr les réseaux non-sco, d’ief, les personnes que l’on choisit de rencontrer pour répondre à ces besoins d’interdépendance, d’inspiration, de partage…Ces rencontres nous ont permis de nous ouvrir sur les autres, sur des partages riches et d’enrichir grandement les apprentissages. Car c’est quand même de ça qu’il s’agit.

Concrètement nous avons vu beaucoup de monde et cotôyé des familles dans la richesse de leurs diversités. Ce qui a aussi permis de remplir notre besoin de socialisation. Sujet assez récurrent quand on parle de scolarité. Aussi, nous avons découvert des lieux divers. Le pendant négatif est le temps et l’énergie des déplacements qui sont conséquents.

Et en même temps, j’ai ressenti un manque de cadre dans ces rencontres. Une co-création de cadre qui selon moi nous aurait permis d’aller plus loin dans nos partages, dans la sécurité et la bienveillance. Dans la cohésion aussi. Un manque de conscience de nos besoins respectifs en tant qu’individus, tant les adultes et les enfants. Et un manque d’authenticité dans les partages. Parfois il m’a semblé que nous (je m’inclue totalement dans l’histoire!!!) aurions pu à y gagner à poser des mots sur ce qui se passait réellement. Développer la verbalisation émotionnelle des adultes surtout, pour donner le ton et l’exemple parmi les groupes d’enfants. Poser des cadres communs, en discuter, confronter nos différences à ce niveau. Sans peur de perdre une liberté, que nous tous qui nous engageons dans l’ief, sommes venus chercher. Parler et mettre à jour nos divergences en matière d’instruction. Car il en a beaucoup parmi les non sco et c’est tant mieux!! Chacun expérimente ce qui lui parle. Mais il m’a semblé que trop souvent ces divergences nourrissaient, une fois de plus l’amertume, les ruptures de lien. Alors que j’aime vivre le lien et la bienveillance, surtout quand il semble que tout nous oppose à une autre personne. Apprendre à dire avec authenticité à l’autre ce qui ne nous convient pas, en prenant la responsabilité de nos émotions, de nos croyances, de notre point de vue, et aimer découvrir la différence chez l’autre.

Ce que nous permet l’ief est de respecter nos rythmes, biologiques. De renforcer la bienveillance, la co-création et la cohésion familiale. L’écoute de chacun. Parfois je précise, cela dérape et les relations sont tendues. Mais le temps disponible pour en prendre conscience et changer de cap est un atout précieux en ief. Respecter les centres d’intérêt d’apprentissage des enfants. Leur apporter des supports sur mesure, en fonction de leur appétence, cela permet des apprentissages plus fluides, et rapides. Même si pour moi cela demande du travail de recherche, de la remise en question, et développer une curiosité, avoir intérêt pour ça.

Pour ça il faut aussi prendre du temps et accepter de donner beaucoup de SON temps à nos enfants. J’ai vu que cette question divise, remue et stimule beaucoup les parents. Tout choix est acceptable. Juste être conscient de nos capacités et de nos limites. Ce que je n’ai pas toujours su faire!! Parfois des aménagements créatifs selon les familles pourraient vous/nous étonner. Echangeons!!

Je suis si triste que ces choix nous amènent encore à des jugements que l’on se permet de renvoyer à l’autre comme: des mauvais parents si l’on décide de mettre son enfant à l’école en passant moins de temps avec eux. Ou des parents possessif ou trop protecteurs si l’on décide de faire l’ief, car on passe trop de temps avec eux.

Je vous invite grandement à FAIRE DES EXPERIENCES PAR VOUS MÊME ou accueillir vos jugements pour vous même et les laisser provisoirement de côté quand vous rencontrez des personnes faisant des expériences différentes. Vous pourriez y découvrir des pépites que vous n’aviez pas osé voir… Tant dans le choix de scolariser que celui d’instruire soi même ses enfants.

Pour finir cet article, et si vous n’étiez pas encore au courant pour faire un CHOIX éclairé du mode d’instruction que vous allez choisir pour votre enfant, sachez qu’en France c’est L’INSTRUCTION qui est OBLIGATOIRE et non L’ECOLE.

Sur ce, bonne rentrée ou non rentrée à tous!! Et n’hésitez pas à commenter et partager cet article si cela à contribué pour vous.

Etre Femmère (femme et mère)

Faire le choix d’accompagner ses enfants, au fil de leur enfance, au fil de leurs découvertes, au fur et à mesure qu’ils grandissent et acquièrent leur autonomie. D’être présente et de faire parti de leur quotidien, doit-il rimer avec oublie de soi, oublie de ses propres élans de créations et des projets qui nous animent et de la contribution que chaque femmes aspirent à apporter à la société quand peu à peu l’enfant prend son autonomie ? 


Des amies à moi m’ont questionné et certaines ont été stimulées par ce choix de rester avec mes enfants et de ne pas « travailler ». Ah juste titre certainement ! 

Est ce la peur des femmes d’aujourd’hui? 

Car comment fait on pour remplir ses propres besoins quand on est toujours accompagné de ses enfants ?

Le rôle de la maman est tellement précieux pour moi! Depuis la petite cellule qui se divise (et même avant, dans le projet d’accueillir la vie!) l’intention d’honorer l’enfant et de lui faire une place va dans le sens de la vie et du respect que l’on a pour le vivant. 

Une place pour l’enfant, selon ma vision (et nulle est l’intention de ce post de l’imposer, mais de la partager) c’est de l’attention et du temps à partager pour tisser le lien. Des bras ouverts et de la tendresse. Des espaces où l’enfant peut se mouvoir et expérimenter en sécurité et à son rythme. Des espaces et du temps avec de multiples personnes ressources qui pourront offrir un étayage riche à l’enfant. selon ses besoins qui seront plus ou moins intenses de la conception jusqu’à la fin de sa vie avec des stratégies diverses pour y répondre. 

La mère et le père doivent-ils/ peuvent-ils être seuls à répondre à ses besoins? Est il juste pour toutes les familles de recourir aux collectifs : crèche, école… qui selon moi et ma perception, (mon expérience aussi) divise en deux mondes: celui des adultes et celui des enfants. Ce qui a des effets délétères à plusieurs niveaux. 

Le lien (parent/enfant, adulte/enfant) et parfois la rupture de lien. Le manque de personnes ressources riches et variées: un seul ou deux référents adultes, des enfants tous du même âge. Le manque d’autonomie dans les apprentissages et la soumission à une autorité qui sait mieux que l’enfant ce qui est bon pour lui d’apprendre et dans quel ordre. Et le non respect de ses propres rythmes.

Ou bien pouvons nous poser la question ainsi: quel environnement peut favoriser le plus le plein développement de l’enfant et permettre à la mère d’accompagner au mieux son enfant tout en répondant à ses propres besoins de femme, d’être humain? 

Ce n’est donc pas un OU. 

Les besoins de l’enfant OU les besoins de la mère.

J’aime à penser la réponse à cette question en y mettant un ET. 

Les besoins de l’enfant ET ceux de sa mère. 

Et mon expérience est qu’il n’est pas si facile de répondre à cette équation . 

Depuis que je suis maman, janvier 2013, où j’ai accueilli ma première petite perle, j’ai été boulversé par son arrivée. Sa venue, dès mon accouchement, m’a fait prendre conscience que j’avais moi aussi des besoins. Et qu’ils étaient précieux. Que sans nul doute, y prêter la plus grande attention et y répondre, serait la clef pour pouvoir répondre aux siens. 

À ma connaissance il n’y a pas, pour l’instant d’organisation sociétale qui permettent à ce jour de répondre aux besoins des enfants ET que les parents prennent soin d’eux-mêmes, tout en restant, tout au long de l’enfance les principaux acteurs du quotidien de l’enfant. 

Et là, il me semble que la piste du vivre en groupe, en collectif est peut-être une piste intéressante à expérimenter ! 

A suivre donc!…

Ces Femmes qui expérimentent le sage.

 

A Sidonie et Marie et toutes ces sages femmes qui accompagnent les couples/parents/bébés dans cette étape de vie si précieuse…

 

Cet accouchement a été une valse des émotions extrêmes, une révélation des besoins les plus profonds, un combat puissant entre le corps et l’esprit.

Au milieu de tout ça : moi et mes parts, tantôt actrices, tantôt spectatrices… Moi petite, moi grande, moi facilitatrice, moi empêcheuse de tourner en rond…

Avec nous, deux femmes, deux âmes humaines : deux sages-femmes.

Elles sont venues pour encadrer de leurs compétences, de leur expertise, de leur expérience, un événement, une femme, un enfant, un couple s’offrant à la naissance d’un enfant…

Elles sont venues soutenir, vibrer, s’offrir, offrir le calme dans la tempête, offrir la présence quand tout en moi criait la solitude, offrir la fermeté et la bienveillance dans la détresse et l’égarement, offrir le discernement et la confiance.

Elles sont reparties.

« Il y a comme un goût de tristesse, une boule amère qui diffuse lentement au fond du ventre…

Pourquoi se quitter, on était bien ensemble, on formait une belle équipe… »

Telle une flamme qui c’est rallumée, une part, jadis blessée a pu revivre dans la relation à ces sages-femmes ce qui un jour à été brisé en moi : j’ai sans doute vécu un moment dans ma vie où je m’apprêtais à vivre quelque chose de grand et j’avais besoin de soutien et je me suis retrouvée seule

Et donc…

Renoncer devant un obstacle malgré ce que réussir pourrait nourrir en moi comme aspirations profondes, était devenu ma zone de confort.

Et puis, ces besoins d’autonomie et de souveraineté qui cohabitaient avec les besoins de soutien et de présence. Ils se sont affrontés et je n’ai pu les faire valser pour trouver une stratégie commune*.

Les stratégies se sont affrontées :

-Le travail commence, les contractions sont régulières et espacées de 2 min. Il fait nuit. Gaël, le grand frère dort. L’idée d’accoucher dans la nuit, avant que Sidonie et Marie n’arrivent me traverse l’esprit.

Et soudain l’autre besoin émerge :

« On appel Sidonie, Luc ? » Dis je sur mon ballon.

Et force est de constater qu’une fois que Sidonie et Marie sont arrivées et installées, les contractions se sont espacées et ont diminuées…

Le projet : offrir notre nid douillet, notre maison, comme cadre à la naissance de Justin. Besoin d’intimité, de respect de nos rythmes, de bienveillance et de douceur.

Ce projet à été pensé, réfléchi, analysé, imaginé… Jusqu’au jour J, où enfin il pouvait se vivre, apparu « l’obstacle ».

L’obstacle ici : la douleur, la peur de la douleur innavouée.

Le corps des femmes sait accouché. Ai je entendu et lu.

« Ah bon ça va alors, on a l’expert en nous les filles ! » a fanfaronné une de mes parts. Et de conclure aussi rapidement :

« On aura même pas mal, et cette douleur c’est typiquement un truc d’occidentales. Mais nous on va pas se la jouer occidentales… !! On est capable de dépasser ça ! Bon ça c’est réglé, plus la peine d’y revenir.»

Ce que mon esprit peut être convaincant quand il refuse un état de fait. J’ai même occulté certaines stratégies que j’avais préparé qui pouvaient être antalgiques. Je m’en allais donc tranquillement et toute guillerette vers cet événement, ce passage, sereine et tranquille, ayant supprimée de la perspective une partie de la réalité : mon corps, il aurait été mon allié si j’avais su l’écouter et lui passer la main.

Et oui, le jour J, la douleur était bien là. Et plus je grimpait là haut dans les tours me réfugier dans mon esprit, plus elle grondait en sourdine. Seul le sommeil, l’abandon vers l’inconscience, avait le pouvoir de relancer les contractions.

La souffrance est, quand il y a un « NON  » à la réalité !

Avec Sidonie et Marie, on a un peu cherché, pour comprendre et pour faire sortir…

Pour ne plus être perché là haut, ne plus penser, lâcher prise…

Et puis, en fait, ça avait besoin de se vivre ainsi.

Dans la contracture, dans la non-acceptation de ce qui est…

J’ai voulu renoncer au projet :

« J’veux allez à la clinique, qu’on me pose une péridurale !! »

Sidonie :« A dilatation complète, tu vas accoucher dans la voiture !! »

Ma décision était prise, une part de moi qui avait fait ce forcing intérieur, c’est sentie soudain soulagée, entendue…et pourtant, les évènements prirent une toute autre tournure.

Marie :« Il reste un dernier truc à tenter, on peut finir de percer la poche des eaux »

Je fais non de la tête.

Sidonie :« Bon ok on se prépare pour partir. »

Je me sens à ce moment soutenue, guidée par des phares que sont ces deux femmes. Elles ne prennent pas de décisions à ma place, me laisse la barre, et pourtant elles tiennent la boussole et m’indiquent le Nord. Avec beaucoup de confiance et de clarté elles me guident et me montrent qu’elles me suiveront là où je décide d’aller, tant que tout va bien pour moi et le bébé.

« Ok, on y va on perce », cette part ne cède pas elle y va en toute confiance et s’abandonne.

C’est la fin. Je peux tout hurler, je me sens protégée, entourée. Justin va sortir, Justin va naître.

J’ai hurlé ce NON !!!! J’y ai droit.

Justin est là sous moi. En une fraction de seconde je suis avec lui, je le rejoins.

Je ne suis plus la petite, je suis la grande de nouveau. Je suis maman pour la deuxième fois avec cette bienveillance qui m’a été offerte, je peux passer le relais, avoir confiance en moi et donner à ce petit être tout l’amour dont il a besoin en cet instant.

L’émotion est là, tapis au fond :

« Ne la laisse pas sortir ! »

Crie une de mes parts, alors que je vois pour la dernière fois Sidonie et Marie qui viennent me rendre visite suite aux deux jours passés ensemble.

« On va pas les quitter comme ça !! Après ce qu’on a vécu ensemble !? Moi j’veux les remercier à la hauteur de ce qu’elles m’ont donné, j’veux quelque chose de grandiose !!… »

Je prend dans mes bras cette part qui s’étonne tellement de recevoir autant, et les mots me touchent quand Sidonie me dit en réponse à notre « Merci »:

« Vous vous êtes offert ce cadeau ! »

Les émotions qui nous ont traversées, et que nous avons partagées étaient tellement fortes et purs que ce retour au quotidien, me paraît presque fade. J’aimerais exaucer le vœu de cette part qui souhaite encore vibrer de l’émotion vécue.

C’est plus que 1000 euros.

Et oui, cette part à raison, il nous faut quelque chose de Grandiose !!!

Un cadeau de naissance

L’accueil de l’Etre humain sur la Terre

Comment aujourd’hui accueillons nous la Vie, les bébés, parmi nous ? Comment célébrons nous les naissances ?

J’aimerais parler de ma propre expérience, comment moi même je me suis sentie accueillie, et vous inviter à en faire de même.

Seulement ce n’est pas possible, notre mémoire consciente ne nous permet pas de retrouver des souvenirs de cette période de notre vie. Notre corps, notre inconscient peut être se souviennent ?…

Ils parlent pour nous souvent/parfois et la mise en mots est difficile.

Si nous ne pouvons nous souvenir de ce que nous avons vécu et comment nous l’avons vécu en tant que bébé, de notre naissance et de l’accueil qui nous a été fait, il y a aujourd’hui des personnes* qui se sont penchées sur les besoins physiologiques du bébé et les actions qui soutiennent, les actions qui ne contribuent pas au bien être et par conséquent au bon développement du bébé*. Nous avons donc des repères, qui peuvent aujourd’hui nous guider.

Et quand est il des parents, et toutes personnes ayant décidées de s’occuper des besoins du tout petit ?

Comment vivent-ils cet accueil ? Quel rôle jouent-ils dans cet accueil ? Sont-ils les seuls à jouer un rôle ? Quels moyens leurs sont nécessaire pour jouer ce rôle et ces moyens les ont-ils ? Comment cela se passe-t-il dans d’autres cultures/civilisations ?…

Il y aurait tant de questions que j’aimerais évoquer et tenter d’y répondre avec des études, des recherches, des constats/observations faits par d’autres personnes.

Moi ce que j’aime c’est partager mon expérience et mon ressenti. Je vous propose donc un partage de mon vécu et des émotions et sentiments qui m’ont traversés lors de ma première expérience de maman et je serais en joie si ce partage résonne en vous et parvient à vous toucher pour vous inspirer.

De l’inspiration à changer , que ce soit votre vision/regard, ou votre posture interne/externe, ou vos futures actions…

*Je prépare un article en parallèle pour citer les professionnels dont j’ai pu lire les recherches ou voir des vidéos et qui me semblent inspirantes pour suivre mon rêve de répondre au plus près des besoins physiologiques du bébé et qui ont participé à changer ma vision sur les conséquences de nos actions sur les enfants, pour nourrir mon rêve d’un monde avec des relations humaines plus empathiques et harmonieuses et une meilleurs répartition et protection des ressources sur la Terre.

Aujourd’hui en écrivant ces mots, je m’apprête à accueillir un nouvel Etre pour la deuxième fois. Voilà une chose que je revis de nouveau à l’approche de la naissance :

Le besoin de soutien.

Je me sens inquiète car j’ai déjà expérimenté cette période où avec un tout petit bébé dans les bras, des émotions qui viennent m’envahir et me toucher, me réveiller, des croyances et injonctions dont je me suis remplie au fil de ma vie, je me suis sentie démunie et seule face à tout ça sans avoir les clefs pour mieux le vivre.

J’avais écris ceci pour partager ce qui était vivant pour moi lors de l’arrivée de mon premier enfant:

« Voilà notre petite perle qui est arrivée. Deux billes noires qui me regardent. Il semble si paisible et énigmatique. Quel miracle. »

Je suis touchée en plein coeur. La beauté et la violence de l’évènement est trop forte et réussie à transperser ma cuirasse.

Je me sens perdue, démunie.

La réalité de ce qui se passe dans cet hopital n’a pas grand-chose à voir avec ce que j’avais imaginé. Et surtout je sens un décalage avec les émotions que je pensais ressentir, celles que notre société vente : «l’arrivée d’un enfant c’est que du bonheur » et celles qui surgissent, qui s’animent en cet instant présent d’accueil de ce bébé : « j’ai peur de cette réalité inconnue ».

Je me sens sidérée et admirative à la fois. Une force me pousse. C’est à ce moment pour moi désagréable et à la fois quelque chose en moi sait/reconnaît que cette force/puissance/énergie va pouvoir se transformer, va pouvoir m’être utile et me sauver. Je me sens vivante.

La suite de l’accouchement.

Que se passe-t-il ?

Nous sommes à la maison.

Il y a ce qu’on faisait avant bébé. Nous étions deux.

Il y a ce séjour dans cet univers hospitalié. Avec ces personnes inconnues et pourtant devenues en 4 jours familières ? Enfin je crois.

Il y a une sorte de deuil donc à faire en sortant de cet hospital ?

Je ne sais pas. Je me sens encore perdue.

Il y a ce retour dans cet univers connue : la maison. Nous sommes trois maintenant.

Comment la vie va s’organiser autour de cette équation ?

J’ai posé Gaël dans un transat. Il semble dormir.

Je m’installe à des activités d’avant : la couture.

Je me dis : « chouette, rien n’a changé ».

Gaël pleure.

Et PAF, première émotion qui surgie et je suis submergée : je ressens de l’agacement !

« Quoi, comment est ce possible !!! Tu n’as pas honte ! C’est un bébé, il a besoin de toi, tu es sans coeur ! »

« Et ! j’existe, non ? Je suis encore moi ? Je n’ai pas fais assez déjà ??? »

« comment est ce possible de ressentir cela en tant que maman ? Je ne suis pas « normale » sans doutes ? »

Et je me sens seule.

Et là je vais vous dire quelque chose qui est devenu un tabou dans notre société occidentale :

« Il faut tout un village pour élever un enfant »

proverbe africain

Les mois qui ont suivis sont une descente progressive vers un épuisement maternelle/une dépression.

Une invitation à toutes les futures maman :

Prenez conscience qu’avoir la croyance que dans notre société, élever un enfant dans une famille composée de deux êtres et sans soutien d’un groupe de personnes aimantes et bienveillantes, sans relais, sans soutien matériel, est normale et réalisable dans l’amour inconditionnel et la douceur pour soi même et pour l’enfant à pour conséquences l’épuisement, le burn out

…Je fais du mieux que je peux pour maintenir la barre.

Un virus en profite et dérègle mon système hormonale, je pers 10 kg en un mois, je transpire comme un bœuf, je pleure et m’énerve à la moindre difficulté, je pique des colères, crises d’angoisses…

Je pense ne pas y arriver.

« Je me sens NULLE.

Les autres doivent mieux y arriver que moi »

« Je suis vraiment une mauvaise mère, j’ai des pensées, visions de moi faisant du mal à mon enfant !!! »

Quelles sont ces clefs qui me semble aujourd’hui aidante dans l’accueil d’un enfant :

1ère Clef

Le soutien matériel et moral d’une ou plusieurs personnes qui peuvent et auront l’élan d’offrir : douceur, amour inconditionnel et relais dans le quotidien pour gérer la préparation des repas, le ménage, les courses, les autres enfants du foyer…

Voilà ce que j’ai mis en place pour l’accueil de ce nouvel enfant. Je me suis fait

la demande de demander

à mon entourage, proche et éloigné, amis et parents du soutien.

Concrètement :

J’ai envoyé cette demande par mail en partageant mon expérience, mon ressenti et mes besoins. Puis une demande concrète pour m’aider à répondre à ces besoins. Soit en nous offrant du temps ou une aide logistique (repas, courses…) ou en contribuant financièrement par l’intermédiaire d’une cagnotte en ligne. Ce financement permettra de rémunérer les services d’une aide à domicile.

Tel un cadeau de naissance, offert à nous parents, pour le bébé.

2ème clef

Un déconditionnement, une prise de conscience dans notre vision de ce qui est bien de faire ou de ne pas faire, et de ce qui est bien d’être ou ne pas être : je parle ici de toutes les images conscientes ou inconscientes de la « bonne mère », « du bon parent », des pratiques qu’il faut adopter pour correspondre à ce bon parent, des objets qu’il faut acquérir… Toutes ces images qui proviennent d’un référencement externe qu’elles soient jugées bonnes ou mauvaises par telle ou telle personne et qui ne correspondent pas à un besoin interne, une référence interne et relative à nous même et au bébé.

Bien sûre, l’inspiration provenant de l’extérieur, un livre, les pratiques que nous partage un groupe de parents ou une amie elle même maman, les études scientifiques sur les besoins du bébé… sont d’une aide précieuse et doivent continuer de nous inspirer. Nous ne pouvons pas tout découvrir par nous même et le partage d’expérience nous fait avancer et contribue à nourrir nos aspirations.

Je veux juste attirer votre attention sur notre capacité à garder notre libre arbitre et faire nos choix en conscience.

Qu’est ce qui est ?*:

-J’ai un bébé dans les bras qui semble avoir tel ou tel besoin.

-Je suis en forme ou fatiguée.

-Je suis particulièrement angoissée ou sereine.

-J’ai vécu tel ou tel accouchement, avec tel ou tel ressenti, par rapport à mes attentes, mes projections, cela c’est passé au-delà de mes espérences ou en dessous.

-C’est mon premier enfant ou un deuxième, troisième…

-J’ai telles pensées qui me traverses et cela fait naître telles émotions.

Qu’est ce que je veux ?:

-Quelle est mon intention, et mes priorités du moment ? Se recentrer sur soi.

Qu’est ce que je fais ?

-Est ce que ce que je suis en train de faire/dire/penser nourris mes intentions et mes priorités du moment ?

Et en fonction de cette dernière réponse je peux poser des actions concrètes, faire des choix.

Je vous invite à vous nourrir exclusivement de paroles ou pratiques venant de l’extérieur qui vous semblent ajustées et contribuer pour vous. Et si malgré cela, certains de vos choix dans la pratique semblent de nouveau être en dissonance avec votre réalité, reposez vous ces trois questions, pour réajuster.

*Ces trois questions m’ont été partagées par Isabelle Padovani.

La vie avec un enfant est sans cesse faite de réajustements, rien n’est immuable.

C’est pour moi ce qui a été le plus rude à accueillir.

Je vous partage que dans mon expérience cette deuxième clef est un cheminement, parfois long et qui demande également du soutien. Soutien de personnes qui ont les compétences pour vous guider dans vos prises de consciences. J’en parle ici.

Pour finir, j’aimerais vous partager ma lettre, celle qui porte mon message, ma demande.

Mamans en attente d’un enfant à naître, parents en devenir, je vous l’offre, inspirez en vous pour créer votre propre demande de soutien.

Téléchargez ma lettre

 

Le plus URGENT: l’empathie…

 

J’aimerai vous partager une de mes plus douloureuses expériences, dans mon cheminement vers la bienveillance : Le manque d’empathie envers moi-même.

J’observe sur les réseaux sociaux, en surfant sur internet, en lisant des magasines spécialisés dans la parentalité positive et bienveillante, en lisant les livres de pédagogues, de pédiatres, d’accompagnants à la parentalité, que de plus en plus de personnes ont l’élan de partager la conscience que nos actions sur les enfants, et ceci depuis des temps anciens, ne permettent pas de répondre à leurs besoins. La conscience également que nous n’avions pas suffisamment de compétences pour traduire et comprendre le jeune enfant, pour communiquer avec lui et répondre aux mieux à ces besoins.

J’observe que des personnes en ce monde donnent de l’énergie et du temps pour partager des façons de faire, d’être, et des façons de communiquer qui répondent mieux aux besoins des enfants et qui servent la relation parent/enfant, ou professionnel/enfant.

La préparation à la naissance, l’accouchement physiologique, le portage physiologique, la motricité libre, l’allaitement long, le co-dodo… Pour ne citer que ces pratiques.

L’accueil des émotions de l’enfant, la coopération, l’éducation sans récompenses ni punitions, le respect de l’enfant, l’écoute active…

J’observe aussi que ces personnes ont un rêve, au combien merveilleux ! LE REVE QUE TOUS LES ENFANTS PUISSENT VIVRE UNE ENFANCE HEUREUSE.

Ce rêve est motivé par une aspiration encore plus profonde : CELLE DE VOIR UN JOUR NOTRE MONDE DEVENIR MEILLEUR, grâce à toute une génération d’enfants heureux.

Car nous le savons aussi maintenant par la science (sciences affectives, cognitives, neurosciences…) L’être humain porte en lui les fondements de l’empathie, de l’altruisme, de la générosité, de la bienveillance. Et tout ceci s’épanouit s’il a lui-même été le plus souvent possible, dans ces plus jeunes années, exposé à tout ça et qu’il a vu en l’adulte un modèle. Nous sommes des êtres sociaux, capable d’empathie les uns envers les autres, nous avons un « pré-câblage » pour cela, mais comme toutes choses : cela s’apprend ! Et notre manière la plus efficace pour apprendre c’est de voir et d’expérimenter. Cette vidéo de Céline Alvarez sur la plasticité cérébrale nous l’explique merveilleusement bien. Alors bien sûre nous apprenons partout et à tout âge, et nous sommes capable de résilience. Donc rien n’est perdu, fort heureusement.

Mais il est un constat aussi très amère, c’est que nous voyons bien que notre manière de fonctionner en générale, en ce qui concerne les relations humaines, professionnelles, familiales, diplomatiques, l’écologie, est source de violence. Que tôt ou tard, il sera peut-être trop tard. Que nous n’avons plus beaucoup le choix. Sans être forcément alarmiste, nous nous rendons bien compte que si nous voulons obtenir d’autres résultats que la violence dans tous ces domaines (enfance, écologie, relations mondiales,…) nous devons faire autrement. C’est une prise de conscience.

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Il y a donc urgence ?!…

Dans mon expérience, ayant la volonté de répondre au mieux aux besoins de mon enfant (et je ne doute à aucun instant que c’est aussi le cas de TOUS les parents du monde), j’ai lu, cherché, accumulé du savoir car je ne savais rien de comment on s’occupe au quotidien d’un enfant. Fort heureusement, je me suis dirigé progressivement et malgré des débuts chaotiques et des dérapages encore aujourd’hui vers des pratiques douces et bienveillantes.

Et j’observe qu’une part de moi est entrée dans une exigence à la bienveillance. Une part HAUTEMENT bienveillante. Cette part à bien retenue la leçon. Elle connaît tout bien part cœur…ou presque. Elle a mesuré l’urgence à la bienveillance. Et elle agit en moi en mode violent pour imposer, exiger la bienveillance. Voilà ce qu’elle me dit :

« Tu n’as pas eu d’accouchement physiologique !! quoi, comment ! Voilà pourquoi ton fils pleur la nuit ! C’est d’une extrême violence ce qu’il a du vivre…Tu n’as pas porté ton fils dans un porte bébé physiologique… !! Quoi, comment, tu aurais dû. Tu as fait du co-dodo jusqu’à ses un an ! Ah ça, c’est digne d’une mère bienveillante, je te félicite. Tu n’as pas réussi à allaiter plus de quatre mois…Non mais sans blague. Tu cris encore sur ton enfant quand tu es à bout…Mais tu n’as pas honte ! Il est en stress quand tu fais ça, tu le vois pourtant !! » etc…

Et puis il y a la part qui fait ce quelle peut. La part qui tente au milieu de tout ça de continuer d’exister. Elle aspire à la tranquillité d’antan (c’est-à-dire avant enfant…), à son autonomie, à vivre sereinement sa condition limité :

« J’en peux plus de cet enfant qui geint. Je voudrais le jeter par la fenêtre. Mais va-t-il me foutre la paix !!! C’est pas possible, je comprend rien à ce qu’il veut, il est jamais content. En plus je me met en quatre pour le satisfaire et ça va toujours pas !!! Je voudrais juste dormir. Je voudrais juste sortir me faire un ciné, le film que j’ai vu sur l’affiche en passant…hum, la baby sitter est pas dispo ?! Me…de…on peut pas le laisser dormir seul et se barrer ?! C’est quoi ce plan de Me….de !  J’en ai marre, je veux fumer, boire comme je veux et plus allaiter, c’est trop dur…soupir ».

Bon bref, tout ce petit monde en moi à un fort, mais quand je dis fort c’est FORT besoin d’empathie. Ne serait-ce que pour une chose déjà: VIVRE LA DETENTE. Sans parler du rêve auquel bien sûre j’aspire moi aussi, que l’humanité puisse un jour vivre des jours meilleurs et que mon enfant vive heureux et libre.

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Lâcher un instant le but. Le but de faire de la bienveillance pour rendre le monde meilleur ou mon enfant heureux. Car ce but n’a rien de détendant pour moi, petite maman faisant de jour en jour l’expérience de la parentalité. C’est plutôt même crispant et au final violent, quand je m’aperçois que je suis aussi limité, que la part « non évoluée » qui n’a pas forcément lu, compris et assimilé les leçons à la bienveillance et qui désire vivre une chose, sa « limititude » est toujours là…soupir…et sera toujours là ! Et que la rejeter n’engendrerai que la violence.

Et ce que j’observe aussi, c’est que ce que je lis sur internet, les blogs, les magasines, les livres sont écrits en langage conditionné, en mode violent : « Il doit être, je conseille, il serait fort souhaitable, il est essentiel… » bien qu’ils parlent de non violence. Cela demande un travail de traduction en mode non violent, avec l’aide de la communication non violente. Et donc du temps!

ET soyons réalistes : combien de parents sont initiés à la communication non violente. Combien de parents vont lire tous ces conseils, ces pratiques bienveillantes sans culpabiliser de ceci ou cela. Car la réalité c’est qu’au quotidien, limité et conditionné que nous sommes nous aurions besoin d’une heure d’empathie, 2 minutes de conseil, pour 10 minutes d’interaction positive avec notre enfant. Et la réalité bien souvent c’est que nous n’avons pas ça. Et pourtant il ne s’agit pas d’une option, l’empathie envers nous même, dans la bienveillance avec l’autre.

Donc peut-être qu’il y a urgence ! Mais ne pas se tromper d’urgence. Il y a urgence à se tourner vers nous même, pour prendre soin de nous même.

Avant d’écouter les conseils, de lire un article, de s’informer et d’éduquer les petits parents que nous sommes (ce qui est essentiel aussi) : donnons nous de l’empathie pour grandir, donnons nous l’espace pour faire des erreurs, ouvrons nous les bras pour accueillir notre « limititude ».

Travaillons la terre avant de semer les graines et de penser à la récolte. Il est aussi une réalité qui est dure à accueillir : la récolte, il est fort possible que nous n’en soyons pas témoin, tant la terre est aride. Mais si nous voulons un beau fruit généreux et nutritif concentrons nos efforts sur cette terre qui vaut de l’or. PARENTS JE VOUS AIME !

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La bienveillance est…quand je peux!

Je suis une maman bienveillante…quand j’en ai les moyens.

Avant d’avoir un enfant et une vie de famille, j’étais une personne assez polie, respectant les convenances, ne s’opposant que très rarement en société, disant le plus souvent oui, en pensant non. Les rares fois où je disais non, j’inventais une grosse excuse qui n’était pas la réalité. Ensuite, je culpabilisais, car j’avais appris, comme tout un chacun que « ce n’est pas beau de mentir ! ».

Puis, j’ai donné naissance à mon fils. Petit Etre dépendant de moi, du moins au début, et de mes choix. A sa naissance j’ai été sidérée.

J’avais plus ou moins entendu et cherché du côté des accouchements respectueux et physiologiques, mais dans la précipitation et pression (que je croyais devoir m’infliger) j’ai préféré opter pour l’accouchement à l’hôpital. Je m’accrochais pourtant à l’idée que réunir des conditions physiologiques serait profitable pour nous, et j’avais écrit avec mon compagnon une ébauche de projet de naissance. Ce projet de naissance, nous aurions pu le présenter à la maternité pour qu’ils en prennent connaissance. Mais nous ne l’avons pas fait. Lors des rendez-vous avec la sage-femme, j’étais effrayée et bloquée. Le rythme des entretiens n’était pas confortables pour que j’ai confiance. J’avais juste dis à l’anesthésiste que je ne voulais pas, à priori, de péridurale.

J’ai été surprise et démunie par la durée de l’accouchement. J’ai eu à mes côtés pour m’accompagner une sage-femme qui a répondu à mon besoin de délicatesse et de tact et qui me donnait du soutien quant à mon choix de ne pas avoir de péridurale. Elle avait des mots soutenant pendant le travail. Mais moi j’étais perdue et stressée… L’ouverture du col se faisait trop lentement et avait stoppé sa progression. La sage-femme me dit que, ayant un peu peur pour le bébé, elle préférait prendre la décision de m’injecter de l’ocytocine de synthèse. Ce qui impliquait des contractions plus fortes et un accouchement plus rapide et intense. Me sentant déjà très fatiguée j’ai choisie l’anesthésie, répondant à mon besoin de repos et de sérénité. Après la pose, je me suis mise à trembler de toute part, comme si quelque chose tout au fond refusait et une part de moi disait : « Mais qu’est-ce tu fou !! On avait dit sans  Péridurale ! »

Puis une fois mon petit d’ homme sorti, j’étais témoin (car incapable d’exprimer avec des mots…) de tout ce que je ne voulais pas pour lui: un cordon coupé dès le bébé expulsé, il fut emmené loin de moi pour lui déboucher la « tuyauterie », ce qui l’a fait pleuré, et une auxiliaire de puériculture qui prenait la tête de mon fils pour la coller à mon sein. J’ai exprimé que j’étais paniqué et désorienté, en pleurant. Je me rappel avoir dit à mon compagnon :  « Va le voir, il a besoin de nous, il est tout seul !!! »

Il y avait 5 ou 6 personnes dans la salle. Elles entraient et sortaient, elles parlaient entre elles… Mon attention était tourné vers cet extérieur et ce que je vivais ne répondait pas du tout à mon besoin d’intimité avec mon fils et mon compagnon.

Le lendemain matin une auxiliaire de puériculture vint me voir pour le bain de mon fils ! Elle prend mon fils et commence à le plonger dans l’eau. Il se met à pleurer. J’ai pleuré. J’étais effondrée.

Je m’arrête là dans mon récit pour vous dire que quelque chose au fond de moi était sur le point de changer. Le fait de devenir responsable d’un être, une flamme se ravivait. Comme une étincelle de vie. J’avais donné la vie et la vie reprenait aussi en moi.

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La part de moi polie, respectant les convenances, se sentait de trop et inefficace pour protéger ce petit être. Mais une part agressive, révolté se manifestait. Une part qui s’était tue pendant trop longtemps et qui bouillait, piaffait d’impatience. Cependant je n’étais pas de caractère à la laisser s’exprimer sans garde fou. J’avais peur qu’elle explose de toute part. Cette dualité était insupportable. Ce qui c’est plus ou moins retourné contre moi. A un moment donné il faut que ça sorte d’une manière ou d’une autre. Je me suis senti nulle en tant que maman, maladroite, et je ne comprenais pas cette révolte qui grondait en moi quand je croisais une personne de mon entourage ou dans la rue, qui me donnait un conseil (« Tu devrais arrêter d’allaiter si tu n’y arrive pas… »), me partageait un doute(« Il n’a pas trop chaud ou trop froid ?… »), une peur (« Attention, il va se faire mal !!…).

Et puis, ça c’est retourné contre mon fils aussi. J’ai eu des pensées négatives envers lui dans les périodes de creux. Ainsi que mon compagnon. Pour qui j’ai eu des paroles blessantes. J’étais fatiguée, épuisée moralement et parfois physiquement. Je ne voulais pas demander de l’aide autour de moi et je voulais mener la même vie qu’avant ! Je me sentais embrouillé et désorienté par ce changement qui s’opère quand on devient maman.

Je ne sais pas comment l’expliquer, petit à petit, croisant différents chemins, observant mon fils, et écoutant de plus en plus cette petite flamme naissante au fond de moi, je me suis reconnectée à la vie, à la joie. J’ai recréé du lien. Maladroitement parfois…avec violence souvent. Le chemin n’est pas sans détours, sans bosses, sans creux. Mais j’ai trouvé des solutions, j’ai pris conscience que la vie n’était pas duelle. Que ce n’était pas moi OU l’autre, mais moi ET l’autre. Et je crois que ça c’est en partie grâce à mon fils. Car avant lui c’était souvent moi qui me perdait face à l’autre. Maintenant que j’étais tombé en amour de cette petite vie naissante, il ne pouvait pas y avoir pour moi de domination ou de soumission face à cette vie.

Je suis une maman bienveillante, comme l’a été ma mère et sa mère avant moi…quand j’en ai les moyens ! Comme elles ont pu ! Et ce n’est pas rien d’en prendre conscience. Car mes aspirations à la bienveillance, à l’amour, au respect, sont grandes…mais je suis toute petite. Peut-être même parfois plus petite que mon enfant. J’ai eu la chance de tomber sur les paroles de ceux qui pour moi ont soufflé sur ma petite flamme renaissante. (je vous en parle ici). Ce fut comme une douce mélodie murmurée à mon enfant intérieur. Maintenant il me reste à cheminer doucement vers ce qui est doux pour moi, à garder ce lien avec moi-même, à cultiver l’amour de moi pour voir germer l’amour de l’autre, et à apprendre le bonheur. Car tout s’apprend, et c’est bien de ça dont il s’agit. Le bonheur n’est pas inné. L’amour que l’on porte à un enfant est en réalité sous conditions. Reste à nous déconditionner, déprogrammer de nos habitudes relationnelles, pour oser aimer pleinement un enfant.

La bienveillance pour moi c’est avant tout le lien avec ce qui est humain en nous. La bienveillance c’est apprendre à accueillir tout ce qui est vivant en nous et en l’autre. Ca s’apprivoise un jour, ça se décide un autre et ça fluctue sans cesse. On ne peut exiger quelle soit là. On ne peut qu’espérer POUVOIR lui faire une place à l’intérieur de nous, un peu plus grande chaque jour.

 

En ces temps de canicule…à la recherche de la fraîcheur et de la détente…

Aujourd’hui j’ai eu l’occasion d’avoir plus de clarté sur ce qui était vivant en moi, grâce à une situation vécue avec mon fils…

…Je vous raconte:

Aujourd’hui, nous nous sommes réveillés tôt!…Enfin à une heure où nous n’avons pas l’habitude de nous lever. J’ai donc décidé que nous ferions une promenade dès que nous aurions terminé le petit déjeuner. J’aspirais à de la détente. Afin de tenter d’éviter les hurlements dans le coussin (salvateurs pour l’enfant stimulateur mais pas forcément des plus agréable à vivre) ou les hurlements directement et indirectement sur le stimulus (stimulus=enfant),  et les mouvements brusques, les phrases jugeantes (signes d’un stress près à exploser en pleine face), bref vivre la détente pour nous deux!

 

Nous sommes enfin partis (je vous passe les détails du comment…). J’avais un objectif qui me paraissait idéale pour que moi je me détende. Mais mon petit d’homme, vivant son instant présent à fond, s’arrête et me dit:
 » Je veux rentrer à la maison regarder les dessins animés. »
Et là je me dis:
« puisque tu fais de la communication non violente, essais de voir pourquoi c’est important pour lui de retourner à la maison regarder les dessins animés! Tu ne vas quand même pas l’obliger avec son désaccord de te suivre, c’est violent, allez hop au travail…Tu ne partiras que lorsque tu aura entendu un oui de sa part! »

« Il y a des parts en nous super violente quand même! 😉 Et le pire c’est qu’on les croit quand elles se nomment garantes de la non violence.Non mais pour qui elles se prennent! »

Je vais donc vers mon petit d’homme, me met à sa hauteur:
« Pourquoi c’est important pour toi de retourner à la maison?
_Parce que je veux voir les dessins animés.
_Ah oui parce que c’est agréable pour toi de regarder les dessins animés.                 _Oui, j’aime bien les dessins animés.
_Oui mais moi, je veux pas retourner à la maison. »
La suite il l’écoute pas, il commence déjà à faire demi tour. Exaspérée je le retiens par le bras!
« Je voudrais te dire moi ce que ça me fait si on retourne à la maison. Je vais être énervée, car j’avais vraiment envie de sortir pour me détendre. C’est agréable pour moi de me promener. Si on rentre, je vais sans doute crier. Est-ce que c’est agréable pour toi quand je crie?
_Non.
_Quand je crie, tu te rappel tu as peur! Et c’est pas agréable pour moi non plus, je veux pas te faire peur.
_Oui. Je veux rentrer à la maison.
Je pense: « Et merde » Je continue:
« Tu serai d’accord pour qu’on continu la promenade et ensuite on rentre à la maison et tu regarderas les dessins animés.
_Ouiii! on continu la promenade. »
« Yes! »Il s’approche du sac et commence à sortir ces jouets.
« Je peux jouer ici.
_ok, ça me va! »
A quoi répond une part de moi en interne:
« Ah mais non ça va pas…C’est pas là que tu goûteras la détente. Y’a la route juste à côté, tu voulais avoir la fraîcheur de la foret, là on en est loin…A peine deux rangées d’arbres! c’est nul je veux pas rester ici. »
Je retourne vers mon petit d’homme et je lui dit:
« En fait non ça me va pas. Tu ne veux pas qu’on aille un peu plus loin? »               _Non, j’veux jouer ici.
_Pour moi c’est pas agréable de rester ici. »
Ma part désespérée et qui commence à mesurer mon impuissance                      « Oh zut ça recommence! »

Finalement j’ai rien tenté de plus. Je me suis assise. J’ai regardé à l’intérieur de moi ce qui se disait. Je me suis rappelé que 1:
_l’enfant à cet âge est vraiment dans l’instant présent. Il goûte ce qui le traverse, l’exprime et c’est tout et n’a pas l’intention de vous faire chier. C’est juste vous qui pouvez mesurer les conséquences à moyen terme si vous dites oui ou non.
Et 2:
_Il n’aime pas et ne comprend pas les longs discours.
J’ai regardé ma frustration, et mon énervement naissant.

J’ai donc décidé de reprendre ma responsabilité. Si je n’allais pas dans ce bois, il était possible que je m’énerve encore plus. Si la tension ne se détendait pas, il était possible que mon petit d’homme essuie les plâtres. Et non, ça pas possible, car très triste pour moi dans mon coeur de faire mal à ce bout de chou. Donc j’ai décidé de continuer la promenade pour aller dans ce bois. Au risque de me confronter à un refus ou une crise. Sans d’autres commentaires je suis allée ranger les jouets de Gaël… Qui n’a pas bronché. Et nous sommes partis dans le calme. Et même joyeux! hi hi…DSC00787