Ouvrir son coeur…

…au deuil parental.

Et soudain…Le silence

Un nom qui fuse, un souvenir qui jaillit. Que se passe t il? Des gorges serrées, des larmes qui coulent. Un regard qui fusille la bouche qui a prononcé ce nom. Un malaise. Taire celui qui a disparu de nos vies. Disparu, monté au ciel, parti, quitté… Tant de mots qui n’expliquent pas tout. Tant de mots qui évitent de dire:  » Cet être est mort, et je suis terrifié, effondré par sa mort ». Que faire de cette douleur qui envahit le coeur de ceux qui restent, de ceux qui sont vivants? Nous n’avons pas appris. Nous avons refoulé.

Notre communauté humaine est malade de garder la bouche fermée et le coeur serrée.

Une amie a qui il est arrivé une terrible histoire, fait face à la mort de son fils, et écrit ce soir ce message: « SVP, si un jour vous rencontriez quelqu’un ayant perdu un enfant, n’ayez pas peur d’en parler, n’ayez pas peur d’être maladroit en prononçant son nom ou de faire du mal en évoquant un souvenir.

On a besoin que les autres se souviennent de nos anges, qu’ils continuent d’exister pour nous, pour leurs frères et leurs soeurs, pour nos familles, pour nos amis

N’ayez pas peur de continuer même si des larmes coulent, même si notre regard devient sombre et part loin, ce ne sont pas vos mots qui nous blessent, ces souvenirs qu’on en parle ou pas sont là, on pleurs en cachette, chez nous, pleurer devant vous ne montre que la confiance accordé pour accueillir sans nier

Ce n’est pas vous ou vos paroles qui nous faite du mal, c’est la situation elle même, et ça en faire un tabou ne la changera pas, si c’est trop pour nous, pour eux, nous savons le dire »

Nathan au premier plan, Melina sa soeur.

Et oui…il est dur aujourd’hui de ne pas penser que nous sommes responsable de l’émotion qui jaillit en l’autre. Que c’est il passé? ET que pouvons nous faire?

Comprendre que: Petit, nous avons commencé à babiller et un visage nous a sourit, semblant nous répondre. Puis nous avons commencé à pleurer, sentant la faim gronder en nous, le froid nous assaillir, un liquide mouiller nos langes… Nos pleurs et nos demandent, n’ont pas toujours trouvé une réponse adapté et prompt, si bien que nous avons pleuré plus fort, et plus fort…. et parfois, pour survivre il a fallu qu’on s’arrête, étouffant nous même ce feu en nous pour ne pas qu’il nous envahisse… Nous avons eu si peur, nous étions dans une telle détresse. Mais pour continuer de vivre, pour continuer notre route, nous n’avons pas eu d’autres choix que de faire confiance, si petit que nous étions à l’époque et sans d’autres ressources, que celles de nos parents, . Puis nous avons grandit quand même. Ne laissant pas voir que nous étions déjà abîmé.

A peine déjà que nous ayons pris conscience de nous même, que nos parents nous ont donné un pouvoir trop fort pour nous: celui de les rendre heureux et malheureux.

« Arrêtes tout de suite, tu vas me mettre en colère!! » « Ne pleures plus, j’aime pas quand tu es triste, tu vas me faire pleurer » « Tu es ma fierté, et tu fais mon bonheur!!! »

Ces mots prononcés de la sorte, ont fait jaillir une croyance: « Je suis celui qui est à l’origine de ce que l’autre ressent.  » Et plus jamais cette croyance nous a quitté. Dès lors, de peur de déclencher la tristesse, ou pour susciter la peur, ou bien redonner le sourire, nous avons tout fait tout ce qui était en notre pouvoir pour y parvenir, honorant la responsabilité qui nous a été donné.

Alors voilà, nous sommes là aujourd’hui, avec ce lourd fardeaux, ces sortilèges:

Celui de refuser toutes émotions désagréables: la peur, la tristesse, la colère… de peur de s’y perdre, d’être anéantis à jamais par leur puissance. Ne plus revivre à un seul instant cette douleur atroce, qui fut jadis la même qui nous menait à notre perte. Couper le câble qui nous relit à ces émotions. Nier, rejeter, cloisonner… Notre système à appris cette façon de faire. Comment la changer?

La Nature nous ayant donné ce fabuleux pouvoir de ressentir ce qui se vit chez l’autre, il devient une abominable malédiction quand la tristesse et la douleur de l’autre semble nous envahir pour nous anéantir. Il faut alors vite éteindre ce feu, et calmer la douleur chez l’autre.

C’est alors qu’intervient ce faux pouvoir: celui de croire que ce que nous faisons ou ce que nous disons sera à l’origine de la tristesse et de la douleur de l’autre. Nous allons donc choisir nos mots, ou les taire, fabriquer des tabous, des secrets, enterrer à jamais des mémoires, des souvenirs…

Et nous voilà dans cette incapacité d’accueillir, d’honorer pleinement ces souvenirs, la mémoire de celui qui c’est éteint. Et avec résignation, dans cette douloureuse incapacité à être pleinement humain, nous choisissons de nous taire, de baisser les yeux, de fermer notre coeur.

Et pourtant, Betty, la maman de Nathan, ose dire le besoin qui crie en elle ce soir:

« On a besoin que les autres se souviennent de nos anges, qu’ils continuent d’exister pour nous, pour leurs frères et leurs soeurs, pour nos familles, pour nos amis »

Et si nous choisissions de guérir du passé pour célébrer enfin de la façon qu’il se doit, nos pertes, nos deuils, nos anges disparus. Et si nous choisissions de redonner la responsabilité de ses émotions à l’autre et de reprendre la responsabilité de nos propres émotions. Les mots et les gestes n’ont pas le pouvoir qu’on leur prêtes. Ils sont des stimulus, certes, mais l’émotion naît en nous, fait de nous un être vivant, et nous savons tous le pouvoir de rétablir la connexion. Apprenons à l’accueillir.

Et si nous nous écoutions mutuellement pour marcher ensemble vers ce chemin:

Betty nous dit: « si c’est trop pour nous, pour eux, nous savons le dire »

Faisons nous confiance et parlons nous pour dire ce dont nous avons besoin: « J’ai besoin de me souvenir de mon fils chéri » « J’ai besoin de partager et échanger des souvenirs sur cet être que j’ai tant aimé » « J’ai besoin de soutien pour avancer dans ce deuil » « J’ai besoin de déposer ma douleur, qui me semble aujourd’hui trop forte pour moi » « j’ai besoin qu’on entende ma douleur et que quelqu’un soit là pour la contenir, car je sens qu’elle peut me dépasser et exploser »

« J’ai besoin de prendre le temps, d’aller à mon rythme pour pouvoir accueillir ta douleur, car je sens qu’elle fait tellement écho en moi, que je n’arrive pas moi même à la contenir » « je suis ok pour entendre et partager avec toi les souvenirs communs que nous avons de ce petit ange, j’aime me souvenir de lui avec toi et à travers toi, sa maman, tu l’as tant connu, à travers tes yeux, c’est doux pour moi de le voir »

Voilà quelques pistes ici, il y a tant de façons… à vous de trouver la votre, en vous respectant, vous respecterez l’autre.

Et dans mon expérience, le silence, celui qui nie et qui rejète une émotion, et non celui qui offre une présence, n’a jamais contribué à apaisé et guérir un coeur blessé.

Illustration de Susan Varley, du livre Au revoir Blaireau.

Et pour finir cet article, je vous propose une lecture du très beau livre de Susan Varley, Au revoir Blaireau. « Un grand classique qui aborde la disparition d’un être cher. Un ton juste, pour un livre exceptionnel ».

Lecture du livre de Susan Varley, Au revoir blaireau.

Prenez soin de vous.

Vous pouvez retrouver le message de Betty sur son compte instagram:

Nous sommes grands cachés, derrières nos petits…

Entrez dans la Ronde de l’humanité

Je voulais vous partager un texte, écrit par Fanny Rondelet, qui m’a beaucoup touché et que je voulais inscrire ici, pour le garder avec moi, dans ma mémoire. Je l’ai découvert en écoutant le podcast hebdomadaire d’Isabelle Padovani « Les matins d’Isa », (liens en fin d’article).

« Bientôt dans quelques temps, je ne sais quand, mais en tous cas un jour prochain, nous pourrons dire j’y étais et je l’ai fais. Nous pourrons dire, j’étais sur terre à ce moment crucial, à ce moment où nous avons ce choix merveilleux à faire entre: laisser notre pouvoir entre les mains d’une autorité extérieur. Et récupérer notre pouvoir et nous sentir pleinement vivant en nous.

Ce choix entre, se battre, prendre les armes contre ceux que nous avons identifié comme étant les méchants. Et ouvrir les yeux sur notre responsabilité dans le situation. Ce choix entre laisser le virus de la peur et de la séparation se propager. Et utiliser les outils dont nous disposons pour faire barrage avec amour et justesse. Nous pourrons dire, je l’ai fais, j’ai récupérer mon pouvoir. J’ai cessé de me battre contre les grands de ce monde, parce que j’ai sentie la Grande en moi, parce que j’ai compris que j’étais une Grande en ce monde.

Et en tant que telle, je me suis positionnée. Quand des petits êtres blessés venaient vers moi pour exiger à corps et à cris que j’apporte ma pierre à l’édifice fait de souffrance et de peur, je les ai regardé avec amour et je leur ai dis: « Non mes chéris » Et je leur ai expliqué patiemment, ce à quoi je disais OUI en leur disant NON.

J’ai dis non et au revoir, à certaines choses que je ne voulais plus. J’ai dis oui et bienvenue, à toutes les graines que je voulais semer dans ma vie. Et ces graines je les ai semé. Des graines de coopération, de solidarité, d’équité, d’ancrage, de courage, de clarté, d’authenticité, d’honnêteté, de respect, de confiance, d’amour. Oh, ça n’a pas été tous les jours facile de rester centré face aux crises des petits bout de choux blessés qui avaient tellement peur de lâcher l’ancien système.

Et j’ai réalisé qu’ils faisaient miroir à un bout de chou à l’intérieur de moi. J’ai eu de gros deuils à faire, car j’ai réalisé tous les endroits de moi où le vieux système avait ses racines, et il a fallu que je me penche humblement pour débusquer ces racines et que courageusement, je les retire pour leur dire adieu, avec amour et gratitude. Et que je les laisse partir avec conscience, tout en gardant dans ma main la petite main de mon bout de chou intérieur.

Nous pourrons dire « Nous avons traversé, quel bonheur de participer à ça aujourd’hui. Nous y sommes. Nous sommes les Grands et Grandes de ce monde. Alors, pour traverser gardons bien serré dans nos mains, les petites mains de nos bouts de choux. Restons ensemble et traversons. »

Fanny Rondelet.

Quand je lis ce texte, je pense à tous les parents et accompagnants qui font le choix aujourd’hui d’accompagner leurs enfants autrement. Qui sèment des graines dans le coeur de leurs enfants, dans le coeur de leurs enfants intérieurs et dans le coeur d’autres parents, en montrant qu’une autre façon de faire est possible, qu’une autre vision, un autre paradigme peuvent se vivre.

Pour moi, parents et accompagnants sont Grands et Grandes quand ils se mettent à la hauteur des enfants, quand ils avancent à leur rythme, sont à leur écoute et comprennent leurs besoins. Pour moi, parents et accompagnants, sont Grands et Grandes, quand ils font ça et qu’ils ne lâchent pas la mains de leurs petits êtres intérieurs, nos parts blessées par les évènements traversés, les hasards de la vie. Pour moi, parents et accompagnants, baignent dans la lumière et éclairent les enfants tels des phares, quand ils savent prendre soin d’eux, quand ils se connectent à ce qu’ils sont vraiment et humblement et avancent sur ce chemin de réparation.

Qu’ils sont courageux ces parents. Parce que oui parfois c’est difficile. Qu’en nous vit et fonctionne un système de pensées, un conditionnement puissant, et des « petits bouts de choux blessés » qui nous font perdre notre chemin.

Tenons nous la main, où que nous en soyons sur ce chemin.

Et voici le lien du blog de Fanny Rondelet: ici

Ici c’est ma maison…

Cette situation si spéciale, tellement peu ordinaire, inconfortable pour certains, voir carrément invivable, acceptable pour d’autres, angoissante, stimulante…

J’avais l’élan aujourd’hui de vous partager mes réflexions et mes cheminements intérieurs qui ont émergés depuis le début de ce confinement.

J’observe, en essayant d’accueillir mes jugements (et de les garder pour moi!) et je me permets quelques interprétations:

Tous ces gens qui ont quittés leur domicile pour aller vivre pendant la période de confinement en des contrées moins urbaines, plus proches des milieux naturels, avec parfois l’intention de rejoindre les gens qu’ils aiment.

Pourquoi à l’annonce d’une directive générale de #resterchezvous pour sauver des vies, ces personnes ont choisi un autre endroit que leur lieu d’habitation habituel.

« Aaaaaah, qu’on est bien chez soi! » Cette phrase prononcée par ma mère au retour des vacances, résonne encore plus aujourd’hui pour moi, comme une évidence à porter mon attention sur notre habitat et son environnement.

« Faire son trou », « creuser sa niche », « faire son nid douillet », « le foyer de notre famille »… Autant d’expressions qui nous rappellent qu’il fut un temps où choisir un endroit où habiter et se faire un abri, n’était pas secondaire.

Pourquoi acceptons nous de vivre la majeur partie du temps dans ces villes bétonnées, avec un un train de vie effréné, une relation à la Nature assez pauvre, une dépendance alimentaire, vestimentaire… à une multitude d’entreprises, dont on ne connait pas qu’elles âmes humaines la compose.

Peu de temps qui nous appartienne réellement, pour nous ressourcer, pour créer du lien avec nos enfants, nos voisins, nos aînés (et d’ailleurs où sont ils? Peux vivent parmi nous…).

Peu de temps pour se questionner réellement, depuis qu’on nous a mit sur les bancs de l’école, sur nos élans à faire ce qui nous porte, ce qui a du sens , ce qui a de la valeur à nos yeux, ce qui remue nos tripes…

Quitter avec précipitation un environnement qu’habituellement nous … supportons? subissons?

Peu de temps pour ralentir et ne rien faire si notre corps le demande ou si nous avons besoins de célébrer des pertes/deuils ou d’accueillir la vie/naissances.

Quelle est cette civilisation, cette culture qui s’installe dans un habitat qui le lui procure pas la sécurité, la douceur, la paix intérieur, et qui ne réponde pas à ses besoins primaires:
  • se nourrir et d’hydrater sainement
  • se mouvoir
  • respirer de l’air sain et pur
  • stimuler tous ses sens
  • accéder à la lumière

Rappelez vous, vous petit en train de vous construire une cabane. Est-elle celle que vous habitez aujourd’hui? Où avez vous mis vos rêves et votre bon sens d’enfant? Où est passé la connexion que vous aviez de vos besoins?

 

Vous, de nouveau ici!!

 

Bonjour à toutes et tous!                                               Nous sommes le 13 Avril 2020…

Nous voici en ces temps un peu particuliers, à vivre une expérience très particulière:

le CONFINEMENT chez nous, pour se préserver d’un virus, le #COVID19.

Et je reviens ici, avec l’envie de reprendre ce blog pour me déposer/ partager une conscience / vibrer à l’unisson/ ressentir notre unicité…  C’est avec une émotion touchante, un petit chaud au creux du ventre que je relis mes mots, mes articles mes photos déjà partagés ici.

Rien à changé pour moi quand je lis l’article en page de présentation:

« Depuis, tout prend peu à peu plus de sens. J’ai choisi de vivre au présent tout en cultivant la conscience de mes actes. »

« Aujourd’hui, je tente de nourrir mes besoins : respect de moi, de mes rythmes, de cohérence avec mes valeurs, de co-création, de partage, de souveraineté, d’actualisation de mes potentiels, d’évolution et d’apprentissage, d’inspiration, d’expression, de paix, d’harmonie, de liberté… »

« Et surtout je me sens triste de mesurer combien notre société à morcelé, séparé les individus… »

Enfin presque…

Un deuxième Etre est venu nous rejoindre. Né à la maison, dans notre foyer, (je vous raconte ici) Justin est venu illuminer notre vie et la chambouler à nouveau, nous invitant avec AMOUR et FERMETE, à transformer encore plus notre vision, écarter nos oeillères, ouvrir nos bras, revoir nos priorités, accueillir nos limites.

A l’aube de ce que certaines personnes espèrent être un nouveau monde après l’effondrement de notre civilisation qui ne tient plus debout et qui s’épuise.

Je vous promet de vous emmener avec moi expérimenter d’autres façons de faire, d’autres façon de voir les choses, et de vivre la VIE, que moi même je ne connais pas encore, mais bien décidée à sortir de ma zone de confort pour enfin ressentir que JE SUIS VIVANTE!!

Si vous êtes nouveau, bienvenue sur ce blog et pour ceux qui me connaissent ici, je suis ravie de vous y retrouver.  Je me souhaite la bienvenue aussi, parce que bon…hein!